Toute personne qui souhaite investir sur les marchés boursiers devra s’intéresser un minimum aux mathématiques et à la comptabilité. En effet, pour analyser une entreprise en profondeur afin de faire les bons choix d’investissement, il vous faudra passer par la case « analyse financière ». Pour bien analyser la santé financière d’une entreprise, ses performances, ses résultats, sa croissance etc., vous devrez utiliser certains indicateurs pour vous aider. Les indicateurs les plus utilisés par les investisseurs en bourse sont les ratios. Il en existe une multitude, et ils permettent de comparer concrètement certaines données entre-elles, pour en tirer des informations qui sont cruciales dans vos prises de décisions. Voici les 10 ratios essentiels à connaître pour bien choisir vos actions en bourse.

    Ratio #1 : Le price to book

    Le ratio « price to book » est le plus utilisé par les investisseurs, de façon même systématique. C’est un ratio quantitatif qui permet de comparer le prix payé pour une action à sa valeur. La formule de calcul est la suivante :

    • Price to book = Capitalisation boursière / Capitaux propres

    Les capitaux propres d’une entreprise sont constitués de tout ce qu’elle possède réellement, à savoir ses actifs moins ses dettes. Ainsi, plus le ratio price to book a un résultat faible, plus le prix de l’action est peu élevée par rapport à sa valeur intrinsèque, donc plus l’opportunité est intéressante.

    Attention toutefois, certaines données d’un bilan comptable, qui figurent dans les capitaux propres, peuvent biaiser le résultat du ratio price to book parce que la valeur inscrite dans le bilan est différente de la valeur réelle. C’est notamment le cas des immobilisations incorporelles et des « goodwill ». Pour remédier à cela et avoir un résultat qui soit le plus précis possible, vous pouvez utiliser une formule variante, le ratio price to book tangible :

    • Price to book tangible = Capitalisation boursière / Capitaux propres tangibles

    Ici, les capitaux propres tangibles sont les capitaux propres auxquels on soustrait les immobilisations incorporelles et les goodwill.

    Ratio #2 : Le taux d’endettement

    Le taux d’endettement d’une entreprise, ou plus précisément le ratio des dettes nettes sur fonds propres, vous permettra de vérifier si l’entreprise que vous analysez a les reins solides. Toutes les entreprises, au cours de leur vie, font face à un moment ou à un autre à des situations de crise. Les entreprises qui savent se démarquer et perdurer sont celles qui sont suffisamment solides pour y faire face, autrement dit qui ont le plus de facilités à payer leurs dettes. Voici la formule pour calculer le taux d’endettement :

    • Ratio des dettes nettes sur fonds propres = (dettes – trésorerie) / Capitaux propres

    Plus le ratio est faible, plus l’entreprise a la capacité de rembourser ses dettes, ce qui diminue indirectement le risque lié à votre éventuelle investissement dans ses actions.

    Ratio #3 : Le PER

    Le ratio PER, ou Price Earning Ratio, permet de comparer le prix d’une action par rapport à la rentabilité d’une entreprise. Sa formule est la suivante :

    • Ratio PER = Capitalisation boursière / Résultat net

    Plus le ratio PER d’une entreprise est faible, mieux c’est, car cela signifie que le prix payé pour ses actions est faible comparé à sa rentabilité. Attention au chiffre du résultat net, qui peut contenir également des résultats exceptionnels. Si tel est le cas, le résultat du ratio pourra être quelque peu faussé par ces éléments qui ne sont pas récurrents dans la vie de l’entreprise. Autre inconvénient de ce ratio, il devient inutile si le résultat net de l’entreprise est négatif. Cependant, un résultat net négatif est également une bonne indication pour votre analyse, bien qu’il ne puisse pas signifier à lui seul que l’opportunité n’est pas bonne à saisir.

    Ratio #4 : L’EV/EBITDA

    Ce ratio est un peu plus « compliqué » que les précédents. Décomposons-le pour mieux comprendre :

    • L’EV est la valeur d’entreprise, voici sa formule : Capitalisation boursière + dettes – trésorerie
    • L’EBITDA est un acronyme qui signifie « Earnings before Interest, Taxes, Depreciation, and Amortization », ou en français, les revenus avant intérêts, impôts, dotations aux amortissements et provisions sur immobilisations.

    C’est un autre ratio qui permet de comparer le prix d’achat d’une action par rapport à sa valeur intrinsèque. Là encore, plus le ratio sera faible, plus le prix de l’action sera intéressant. Il présente l’avantage d’être plus précis que le PER, puisqu’il retire certains événements « parasites » tels que ceux cités dans l’acronyme EBITDA (amortissements, impôts etc.).

    Ratio #5 : Le rendement sur free cash-flow

    Le ratio du rendement sur free cash-flow (FCF Yield) permet d’approfondir encore un peu plus votre analyse par rapport au ratio EV/EBITDA. Grâce à ce dernier, vous pourrez différencier les entreprises qui ont besoin de faire des investissements importants pour maintenir leur activité (achat de nouvelles machines industrielles, ouverture de nouveaux points de vente etc.), de celles qui n’en ont pas besoin. Voici la formule de calcul du ratio de rendement sur free cash-flow :

    • FCF Yield = FCF / EV = (Cash flow – Dépenses lourdes d’investissement) / EV

    Plus le ratio est élevé, mieux c’est. Il permettra aussi notamment de comparer deux entreprises provenant de deux secteurs d’activités différents.

    Ratio #6 : Le rendement sur dividendes

    Le ratio de rendement sur dividendes vous permet tout simplement d’évaluer quel sera le flux de revenus que vous pourrez tirer de votre investissement. Voici la formule de calcul du rendement sur dividendes :

    • Rendement sur dividendes = Dividende annuel / Cours de l’action

    Le résultat de ce ratio est à comparer sur plusieurs années, avec l’historique de l’entreprise. En effet, par exemple, une entreprise qui a des rendements relativement faibles mais réguliers sur plusieurs années constituera, entre autre, un investissement plus sûr qu’une entreprise ayant des rendements élevés mais une pérennité non avérée. Vérifiez également le taux de distribution des dividendes, autrement dit la part des résultats de l’entreprise qui est redistribuée aux actionnaires. Attention aux entreprises qui redistribuent plus qu’elles ne gagnent, car cela ne dure jamais longtemps !

    Ratio #7 : Le rendement de l’actionnaire

    Le ratio de rendement de l’actionnaire est utile dans les cas d’entreprises ayant mis en place un programme de rachat d’actions. Dans ce cas, outre les dividendes distribués aux actionnaires, l’entreprise rachète également certaines de ses propres actions pour les annuler. Cette méthode a pour effet de faire augmenter le cours de l’action. Voici la formule de calcul du ratio de rendement de l’actionnaire :

    • Rendement de l’actionnaire = (Nombre d’actions x Dividendes par action + Total du rachat d’actions en €) / Capitalisation boursière

    Les entreprises qui effectuent des rachats d’actions plaisent beaucoup aux investisseurs, car cela augmente la valeur des actions qu’ils possèdent. Cela revient, au bout du compte, à augmenter leurs dividendes sans faire entrer en jeu de fiscalité. Restez prudent toutefois, car cette méthode n’est intéressante que si les rachats sont effectués en période de baisse de l’action.

    Ratio #8 : Le ROA

    Le ratio ROA, ou Return On Assets, est le taux de rendement des actifs. C’est un ratio de base que vous devez absolument avoir dans vos bagages d’investisseur. La formule de calcul est la suivante :

    • ROA = Résultat net / Actifs

    Le ROA est un ratio qui permet de mesurer les performances d’une entreprise, et plus précisément sa capacité à transformer ses actifs en profits. Les meilleures entreprises sont celles qui arrivent à générer le plus de profits possibles en investissant le moins de capitaux possibles. Ainsi, plus le ROA est élevé, plus l’entreprise a une gestion efficace de ses actifs.

    Ratio #9 : Le ROE

    Le ROE, ou Return On Equity, est le taux de rendement des capitaux propres. Sa formule de calcul est la suivante :

    • ROE = Résultat net / Capitaux propres

    Pour les sociétés n’évoluant pas directement dans le secteur de la finance, un ROE s’approchant ou dépassant les 10% sera déjà très profitable. Ce ratio permet, tout comme le ROA, de mesurer l’efficacité de gestion d’une entreprise. Il sera encore plus judicieux de calculer le ROE sur plusieurs années afin de voir si l’entreprise est stable et a des profits réguliers.

    Ratio #10 : Le ROIC

    Le ROIC, ou Return On Invested Capital, est le ratio de rendement sur capital investi. Sa formule de calcul est la suivante :

    • ROIC = Résultat opérationnel après impôts / (Capitaux propres + Dettes financières – Trésorerie excessive)

    Ce ratio vient parfaitement compléter les calculs du ROA et du ROE. Le ROIC est un taux exprimé, par conséquent, lui aussi en pourcentage. Ainsi, plus ce dernier est élevé, plus l’entreprise est intéressante en termes d’investissement.

    Conclusion :

    Les investisseurs débutants qui n’ont pas déjà certaines notions en comptabilité seront peut-être un peu perdus en lisant cet article quelque peu technique. Cependant, il n’y a pas d’inquiétude à avoir. Si tel est votre cas, vous vous familiariserez rapidement avec les ratios, au fur et à mesure que vous les utiliserez. Par ailleurs, il existe sur internet de nombreux tutoriels, forums, sites web spécialisés etc. pour apprendre à mieux les appréhender et les utiliser. Ils sont indispensables pour effectuer une bonne analyse des entreprises dont vous souhaitez éventuellement acheter les actions. En effet, ce sont les ratios qui vous permettront de déterminer le bon moment pour faire votre entrée sur le marché, de savoir s’il faut encore attendre ou non, et tout simplement si l’investissement est judicieux ou non.

      Voir aussi: Bourse