Vous en avez marre de votre travail ? Vous n’en pouvez plus et souhaitez partir vers de nouveaux horizons ? On peut avoir de nombreuses bonnes raisons de vouloir quitter son entreprise : pas de possibilités d’évolution, un travail trop pénible, un salaire trop bas, une mésentente avec la hiérarchie etc. Seulement voilà, on ne quitte pas une entreprise n’importe comment, d’autant plus qu’en fonction de la situation, vous n’aurez pas forcément droit à des indemnités de chômage. C’est notamment le cas de la démission, qu’il ne faut alors envisager que si vous avez déjà une promesse d’embauche dans une autre entreprise, ou si vous avez déjà un autre projet professionnel sur le point d’aboutir, comme une création d’entreprise par exemple. Certaines personnes ayant démissionné peuvent toucher des indemnités, mais elles se décident au cas par cas et après plusieurs mois. Sinon, il y a la solution de la rupture conventionnelle. La rupture conventionnelle est une rupture d’un commun accord entre votre employeur et vous, qui vous permet de quitter l’entreprise sereinement, sans qu’il n’y ait forcément de motif, avec au minimum des indemnités équivalentes à celles d’un licenciement. Le problème est que la plupart des employeurs sont encore très réticents à utiliser ce système qui simplifie pourtant la vie de tout le monde. Beaucoup vous refuseront cette solution, surtout si vous êtes en conflit avec votre hiérarchie. La seule solution qu’il vous reste alors pour quitter votre entreprise tout en assurant vos arrières est le licenciement. Là encore, on ne se fait pas licencier « n’importe comment » et tous les licenciements ne donnent pas nécessairement droit à des indemnités, ni forcément à des allocations chômage. Voici donc 3 étapes pour se faire licencier rapidement et en douceur.

    Étape #1 : Tenter la rupture conventionnelle

    Le meilleur moyen, et aussi le plus rapide, de quitter une entreprise par la grande porte et en bons termes est d’obtenir une rupture conventionnelle de votre contrat de travail. Commencez donc par demander à votre employeur s’il accepterait de vous accorder cette rupture. Si oui, c’est gagné pour vous ! Sinon, il ne vous restera que l’option du licenciement (mais inutile à ce stade de le lui faire avoir !). S’il vous propose de démissionner en guise d’alternative, refusez catégoriquement ! Vous n’avez aucune raison valable de faire un tel geste, sinon celui de vous priver de toute source de revenu !

    Étape #2 : Le choix du motif

    Tout licenciement nécessite un motif réel et sérieux. Si vous êtes en désaccord avec votre employeur mais que ce dernier ne vous a pas encore licencié, c’est que sur le plan de votre travail à proprement parler, il n’a rien à vous reprocher. En vous licenciant sans cause réelle et sérieuse, votre employeur serait alors en faute et vous pourriez demander réparation auprès des prud’hommes. De moins en moins d’employeurs prennent ce risque, bien qu’il en existe encore. Ainsi, si vous voulez que votre employeur vous licencie, il va vous falloir lui donner un motif. Attention toutefois, il ne faut pas faire n’importe quoi ! En effet, il existe plusieurs types de motifs possibles pour un licenciement :

    • Le licenciement pour motif économique : je l’évoque pour information bien qu’il ne nous concerne pas ici. Le licenciement pour motif économique est invoqué par l’entreprise si cette dernière ne parvient plus à faire face à ses dettes et/ou nécessite une réorganisation interne pour cause de difficultés financières.
    • Le licenciement pour motif personnel : ce type de licenciement peut se faire pour faute ou « hors faute ». Par exemple, il peut s’agir d’une inaptitude à exercer votre emploi pour raisons médicales, physiques etc. (suite à une maladie professionnelle par exemple), ou des résultats insuffisants, ou encore une mésentente. Cependant, sauf pour les cas liés à une cause médicale, ce type de licenciement est peu pratiqué car il est délicat. La cause du licenciement, quelle qu’elle soit, doit être avérée et les faits doivent être vérifiables, ce qui sera beaucoup plus délicat dans le cas d’une mésentente que dans celui d’une maladie professionnelle !
    • Le licenciement pour faute simple : les fautes « simples » les plus courantes sont les retards répétés et/ou les absences répétées et injustifiées. Dans ce cas, une fois licencié, vous conservez vos droits aux allocations chômage ainsi qu’aux congés payés.
    • Le licenciement pour faute grave : c’est le second niveau du licenciement pour faute. Dans le cas d’une faute grave, vous avez violé vos obligations liées à votre contrat de travail. Par exemple, si vous refusez d’effectuer certaines tâches, ou que vous abandonnez tout bonnement votre poste, vous pourrez être licencié pour faute grave. Contrairement à la faute simple, vous n’aurez pas de préavis, et l’employeur pourra effectuer une mise à pied, c’est-à-dire vous contraindre à rester chez vous pendant la durée de la procédure, période qui ne sera évidemment pas rémunérée. Une fois licencié, vous aurez également droit à vos allocations chômage.
    • Le licenciement pour faute lourde : mieux vaut ne pas opter pour cette solution ! La faute lourde résulte d’une volonté avérée du salarié de nuire à l’entreprise. Cela peut par exemple se traduire par le vol de matériel, machines, outils etc. à l’agression physique d’un collègue ou d’un supérieur. La faute lourde s’accompagnera aussi souvent de poursuites pénales.

    Le but est de choisir un motif que vous mettrez sciemment en œuvre. Le mieux est donc qu’il pousse votre employeur à vous licencier tout en évitant les conflits au maximum. Si par exemple vous choisissez de refuser d’effectuer certaines missions, votre employeur pourra vous licencier, mais cela ne se fera sans doute pas sans heurt et il se fera une joie de vous mettre des bâtons dans les roues, en faisant traîner la procédure par exemple. Ainsi, les motifs les plus fréquemment choisis par les personnes souhaitant se faire licencier sont les retards répétés et les abandons de poste.

    Étape #3 : L’honnêteté

    Lorsque vous commencerez à « moins bien travailler », votre employeur ne tardera pas à vous demander des explications. Ne cherchez surtout pas à vous dédouaner, bien au contraire, soyez honnête. Tout en restant courtois et en évitant d’entrer en conflit, expliquez que vous souhaitez quitter l’entreprise tout en ayant la possibilité d’avoir du temps pour trouver un autre emploi (en percevant vos allocations chômage, donc sans démissionner), et que le licenciement est la seule option que vous ayez à votre disposition. Votre employeur pourra certes mal le prendre dans un premier temps, mais il s’apercevra vite que vous licencier sera également dans son intérêt. Votre mauvaise volonté au travail, qu’il s’agisse de retards ou d’une baisse de votre productivité, ou autre, deviendra vite une gêne pour lui et cela l’incitera rapidement à entamer la procédure, puis à tout faire pour qu’elle soit conclue rapidement.

    Conclusion :

    L’étape finale est ensuite d’attendre. En principe, plus vous soignerez la mise en œuvre de votre motif, plus votre employeur souhaitera agir rapidement. Une procédure de licenciement comporte cependant des étapes à respecter qui sont inévitables. Votre employeur devra vous convoquer officiellement, vous informer des différentes étapes par courrier etc. tout en respectant des délais de préavis à chaque fois. Un licenciement rapide peut se faire en un ou deux mois, sachant qu’il est possible de convenir avec votre employeur d’effectuer votre préavis de licenciement à votre domicile ; même si la plupart refusent, car il vous faudra sans doute former votre successeur. Enfin, même si vous parvenez à faire en sorte que votre licenciement se passe en douceur, c’est bien souvent un moment désagréable à passer autant pour vous que pour votre employeur. Cependant, ce n’est pas cher payé si cela peut vous permettre de progresser dans votre vie professionnelle, de vous reconvertir, et dans tous les cas d’améliorer votre qualité de vie !

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