À l’heure où les investissements dans des actifs dits tangibles ont de plus en plus de succès, certains se demandent si l’art fait partie de ces bonnes opportunités. L’art reste, avant tout, un investissement émotionnel, on achète une œuvre parce qu’elle nous plaît, parce qu’on en admire l’artiste etc. Cependant, beaucoup d’œuvres d’art sont cotées, et représentent donc un investissement qui peut potentiellement vous rapporter de l’argent. Par ailleurs, toutes les œuvres d’art ne coûtent pas forcément des millions d’euros ; certaines sont à des prix beaucoup plus abordables. À la base, une œuvre d’art ne représente pas un investissement « à rendement », dans le sens où l’on ne va pas toucher d’intérêts annuels comme sur un produit financier par exemple. Le bénéfice se fera sur l’achat-revente de l’objet. Cependant, il existe plusieurs moyens d’effectuer ces investissements, que nous allons aborder dans cet article.

    L’art et l’économie

    Lors de tout investissement, il faut d’abord comprendre le fonctionnement du marché économique sur lequel il évolue. Alors comment fonctionne celui de l’art ? Comment les œuvres sont-elles évaluées ? L’art est coté en bourse sous forme d’indices boursiers. Par exemple, pour vous donner quelques chiffres, entre 1985 et 2012, l’index AMR Art 100 a réalisé un taux de rendement annuel moyen de 10%. Pourquoi, dans les ventes publiques récentes, de nouveaux records ont-ils été battus ? Qu’est-ce qui rend le marché de l’art si différent de celui où s’échangent les obligations ou actions des sociétés ? Pourquoi semble-t-il autant obéir à des lois qui échappent au « commun des mortels » ?

    En fait, le marché de l’art est un marché d’initiés où l’offre est limitée, et la demande fortement dépendante de l’économie du pays concerné. Cette demande va fortement augmenter lorsque l’économie s’améliore, et ce même au niveau mondial, car vont alors apparaître de nouveaux acheteurs, à la fois privés, professionnels et institutionnels. Certaines œuvres artistiques atteignent des prix record lors des ventes, en partie parce que, lors de ces ventes aux enchères, de nouveaux acheteurs font monter les prix très hauts s’ils considèrent l’œuvre comme un très bon investissement. Il y a donc un double contrôle des prix, d’une part par le mécanisme bien connu de l’offre et de la demande, et d’autre part par les initiés qui font grimper les enchères dans certains cas.

    Le marché de l’art ressemble donc, de loin, à une vaste jungle obéissant en quelque sorte à une loi du plus fort, alors on est en droit de se demander comment on peut réellement faire un bon investissement, trouver une ou plusieurs œuvres d’art qui correspondent à un budget raisonnable et sur laquelle ou lesquelles il est possible de faire une plus-value lucrative. Il est tout à fait possible d’y parvenir, et ce même sans être un expert ni des marchés financiers, ni du marché de l’art. Même si l’investissement dans l’art reste avant tout un investissement émotionnel (si vous n’aimez pas l’art, passez votre chemin), il n’en reste pas moins un investissement « tout court » qu’il est possible de rendre profitable.

    Profiter d’avantages fiscaux

    L’un des premiers aspects lucratifs d’un investissement dans des objets d’art, c’est les avantages fiscaux que cela permet d’obtenir. L’art est un actif qui permet de diversifier facilement son patrimoine, quel que soit son budget. La diversification du patrimoine qui découle d’un investissement dans l’art est d’autant plus facilitée par la situation géographique dont nous disposons. En effet, la France est connue pour sa culture, ses nombreux spécialistes mais elle profite aussi d’un réseau de conseillers en art qui permet aux moins expérimentés dans le domaine de faire la bonne acquisition. Pour ce qui est des avantages fiscaux, les biens sont exonérés dans leur totalité de l’assiette de l’ISF. En cas de cession le vendeur devra payer seulement 5% du prix de vente mais peut opter pour le régime des plus-values au taux de 19% avec une exonération d’impôt à partir de la douzième année.

    Quel type d’art choisir ?

    Cette question est assez subjective, car la réponse va également dépendre de vos goûts personnels. Peinture, sculpture, photographie, gravure etc. le choix est vaste. Cette variété d’œuvres différentes qu’offre l’art le rend aussi, de fait, accessible à tous les budgets. Alors chassez vos idées reçues, si vous en avez encore, qui disent qu’on ne peut faire un investissement lucratif dans l’art qu’en investissant des sommes à au moins 5 chiffres, c’est totalement faux !

    Les X pistes pour faire un bon investissement

    Le marché de l’art est bien spécifique, et il reste accessible à tous à condition de prendre certaines précautions surtout lorsqu’on est un « non initié ». En effet, en plus du fait que ce marché obéisse à ses propres codes et soit constitué de nombreux segments différents, il faut aussi prendre garde aux arnaques, autrement dit aux contrefaçons.

    Piste #1 : Le conseil

    Le meilleur moyen de faire un bon investissement lucratif dans l’art, c’est de faire appel aux conseils d’experts de ce marché. D’une part, vous éviterez les arnaques et vous ferez un bon investissement, et d’autre part, vous pourrez, à plus long terme et si cela vous passionne réellement, apprendre de ces experts et en devenir un vous-même. Les conseils d’un expert sont toujours utiles même si vous êtes déjà un connaisseur en la matière. Ce n’est pas parce qu’on connaît les œuvres d’art de valeur et de qualité, qu’on sait prédire comment elles évolueront sur le marché. Certains proposent de vous accompagner pas à pas dans la constitution de votre collection, comme par exemple la banque Société Générale, la banque BNP Paribas, ou des sociétés spécialisées dans le conseil en art telles qu’Art Invest Conseil, Cyrus Conseil, ou encore Arthemia.

    Piste #2 : Acheter des œuvres d’art sur internet

    Sur internet, on peut tout acheter, y compris les œuvres d’art. Cependant, il y a quelques précautions à prendre avant de vous lancer. Les points à vérifier concernent les caractéristiques du bien d’une part, et celles du vendeur d’autre part.

    Les caractéristiques du bien

    Pour ne pas payer un prix disproportionné par rapport à la valeur réelle de l’œuvre mise en vente, il vous faudra être particulièrement vigilant sur l’état et les caractéristiques de l’objet présenté dans l’annonce en ligne.  Le prix de vente de l’œuvre dépendra principalement de son authenticité. Il vous faudra donc réunir le plus d’informations possibles sur les caractéristiques de l’objet, le mieux étant que le vendeur dispose d’un certificat d’authenticité. De même, la description du bien par le vendeur doit être suffisamment claire et précise. Une description partielle ou floue de l’objet doit vous interpeller, et évidemment vous faire fuir ! N’hésitez pas à contacter le vendeur pour lui poser un maximum de questions sur le bien mis en vente (artiste, époque, provenance, etc.). C’est un investissement important, vous n’achetez pas un vêtement d’occasion à 5€, vous achetez une œuvre d’art, le vendeur devrait donc trouver légitime votre « interrogatoire ».
    Enfin, pour avoir une idée qui soit la plus précise possible de la valeur monétaire du bien que vous allez acheter, comparez son prix avec ceux d’autres ventes aux enchères, sur des œuvres similaires.

    L’état du bien

    Le prix de vente dépend aussi de l’état dans lequel se trouve le bien, s’il a été bien conservé ou non. Comme il s’agit d’une vente à distance, vous ne verrez pas l’œuvre d’art autrement que sur photos avant qu’elle vous soit envoyée, et donc que vous l’ayez achetée. Des demandes d’informations sur la conservation du bien ainsi que des photographies supplémentaires peuvent suffire pour des ventes d’un montant relativement faible. Par contre, si vous souhaitez investir dans une œuvre plus chère, de plusieurs milliers d’euros par exemple, déplacez-vous chez le vendeur pour voir le bien, même si c’est loin. Lorsque des sommes importantes sont engagées, il est indispensable de vérifier par vous-même.

    Le vendeur

    Sur internet, n’importe qui peut vendre n’importe quoi ! Ainsi, il est également important de récolter un maximum d’informations sur le vendeur. En principe, la plupart des sites de vente en ligne, comme eBay par exemple, ont un système de notation des vendeurs par les acheteurs. Privilégiez donc ceux qui ont la meilleure note et ceux qui ont vendu le plus d’objets possibles, car leur note moyenne sera également plus fiable. Lisez également les commentaires, et si vous voyez par exemple un commentaire du type « objet jamais reçu », passez votre chemin !

    Piste #3 : La bourse

    Comme je l’ai évoqué plus haut dans cet article, l’art est coté en bourse, sous forme d’index, comme l’AMR Art 100 par exemple. Dans ce cas, vous n’achetez pas directement une œuvre d’art mais un produit financier. C’est lucratif mais plus risqué, et ce sont les règles du marché boursier qui s’appliquent. Si vous optez pour cette solution, demandez conseil à votre conseiller bancaire ou à un expert des marchés boursiers, de préférence spécialisé dans celui de l’art.

    Piste #4 : Le site My Art Invest

    Ce site a un concept tout à fait original. Créé en 2011, il donne à ses clients la possibilité d’acheter des parts d’œuvres d’art. Cela ressemble à un investissement boursier, sauf qu’au lieu d’acheter une action ou un index, vous achetez « un morceau de peinture », en quelque sorte. Le grand avantage de ce concept est qu’il permet vraiment à tout le monde de se lancer dans l’aventure, même aux touts petits budgets.

    Ainsi, sur My Art Invest, chaque œuvre est divisée entre 100 et 1000 parts, et le prix de chaque part varie entre 3€ et 1000€. Les œuvres sont sélectionnées par les experts du site en fonction de la popularité de l’artiste et/ou de l’œuvre, du prix adjugé en vente aux enchères, ainsi que de la couverture médiatique de l’artiste. Si vous achetez un quart de l’œuvre ou plus, le site vous propose même de vous prêter l’œuvre pendant 3 mois, pour que vous puissiez, si vous le souhaitez, l’exposer chez vous !

    Enfin, le site dispose d’une plateforme d’échange dédiée sur laquelle vous pouvez acheter, revendre et échanger vos parts, dont vous fixez vous-même le prix de vente. Vous faites ainsi fructifier vous-même votre portefeuille, et le système bénéficie également de plusieurs avantages au niveau de la défiscalisation.

    Conclusion :

    Le marché de l’art peut faire peur à première vue, et pour cause. Il est avéré que ce marché est une véritable jungle fixant ses propres règles, basées sur un achat avant tout émotionnel, dont le prix peut parfois littéralement exploser et atteindre des sommes à peine imaginables. Cependant, il y a aussi plusieurs moyens de profiter de ce marché, dont certains ont des risques minimisés, comme par exemple si vous passez par un conseiller expert, ou par le site My Art Invest. Alors, n’ayez pas peur, et si ce type d’investissement très lucratif vous tente, que vous soyez débutant ou déjà expérimenté, vous pouvez vous y aventurer quel que soit votre budget.

      Voir aussi: Bourse