On peut avoir mille et une raisons personnelles, sentimentales et émotionnelles de se marier, ou de ne pas se marier. Mais qu’en est-il des raisons financières ? Entre les mariages arrangés d’antan (qui sont encore pratiqués) entre de riches et puissantes familles, et les mariages que l’on fait « pour les impôts », les avantages et inconvénients financiers du mariage restent encore relativement flous. En réalité, se marier n’est pas si avantageux qu’il n’y paraît financièrement parlant. S’il s’agit d’officialiser votre union, d’autres solutions existent de nos jours, comme par exemple le PACS. Quoi qu’il en soit, voici 4 très bonnes raisons financières de ne pas se marier.

    Raison #1 : Ça coûte cher !

    La première raison financière de ne pas se marier, est qu’un mariage coûte très cher. Même un mariage « économique » en petit comité représente une somme importante à dépenser. Entre le prix de la robe de mariée et du costume, le prix de la nourriture (que l’on fasse appel à un traiteur ou que l’on fasse le repas soi-même) etc., même un montant réduit au minimum restera important, pour seulement une journée de festivités. Certains vont même jusqu’à faire un crédit bancaire pour pouvoir financer leur mariage. D’un point de vue strictement pragmatique, sans prendre en compte le côté sentimental de l’évènement, l’argent que vous dépenserez dans un mariage sera de l’argent qui partira en fumée. Il y a toujours des choses plus utiles à faire avec cet argent, comme par exemple l’investir et le faire fructifier, ou tout simplement l’utiliser pour partir en voyage avec votre partenaire, ce qui constituera un évènement dont vous profiterez beaucoup plus !

    Raison #2 : Des avantages fiscaux…ou pas !

    Certains mettent en avant les avantages fiscaux dont peuvent bénéficier les couples mariés. Cependant, en y regardant de plus près, ce n’est pas avantageux pour tout le monde, loin de là ! Ainsi, environ 40% des couples en concubinage n’ont aucun intérêt financier à faire une déclaration d’impôt commune, et plus de 20% des couples mariés payent plus d’impôts avec leur déclaration commune que s’ils avaient des déclarations d’impôt séparées, tandis que pour 20 autres pourcents, cela n’est ni avantageux ni désavantageux. Ceci est dû à plusieurs éléments qui impliquent qu’au final, l’avantage se détermine au cas par cas. Par exemple, si l’un des deux conjoints est individuellement éligible à la prime pour l’emploi, il peut en perdre le bénéfice sur une déclaration commune. Idem pour la décote qui ne pourra être appliquée qu’une seule fois sur la déclaration commune au lieu d’une fois par feuille d’impôt en cas de déclaration séparée. Ainsi, les foyers pour lesquels il y a un intérêt fiscal à se marier sont ceux dont les revenus sont élevés mais inégaux et bénéficiant d’abattements, car cela leur permet de ne pas atteindre une tranche d’imposition trop élevée. Pour résumer, il faudrait faire des calculs précis pour savoir si se marier serait avantageux ou non pour vous. D’autre part, si vous comptiez sur ces économies fiscales pour rentabiliser le coût de votre mariage, sachez que ces dernières sont assez dérisoires, il vous faudrait donc de nombreuses années pour « rentrer dans vos frais ».

    Raison #3 : La (dangereuse) communauté réduite aux acquêts

    Lorsque vous vous mariez sans signer de contrat de mariage, votre mariage a le statut « par défaut » de communauté réduite aux acquêts, qui est un régime de droit commun. Sous ce régime, le patrimoine des époux se compose de la façon suivante :

    • Les biens que possédaient chacun des époux avant le mariage leur sont propres. Autrement dit, tout ce que vous avez acheté avant votre mariage est à vous et reste à vous uniquement.
    • Les biens acquis pendant votre mariage appartiennent aux deux époux, peu importe qui a financé réellement ces biens, et au nom de qui ils ont été achetés. Ces biens sont appelés les « acquets ».

    En cas de divorce ou décès, ces acquêts feront l’objet d’un partage équitable. Ce régime standard présente certains avantages mais aussi beaucoup d’inconvénients. Les avantages sont les suivants :

    • Les bénéfices, gains et salaires d’un époux profitent à l’autre, même s’il n’a pas d’activité rémunérée, ce qui n’est un avantage que pour l’un des deux époux en réalité !
    • Les biens reçus par héritage ou donation restent au seul bénéfice de l’époux concerné.
    • Une égalité des pouvoirs des deux époux.
    • La signature conjointe pour les actes importants.

    Les inconvénients sont plus nombreux mais aussi plus gênants, car lorsqu’on se marie et que tout est beau et rose, on ne pense pas suffisamment à ce qu’il pourrait se passer en cas de divorce, donc de conflit :

    • En cas de dettes et en règle générale, les biens du couple sont engagés.
    • En cas de divorce et dans le cadre de situations financières très différentes pour chacun des époux, tous les biens du couple devront être divisés et répartis, ce qui peut bien souvent rendre la tâche extrêmement compliquée.
    • L’évaluation des sommes dues par l’un ou l’autre des époux, comme les pensions alimentaires ou compensatoires par exemple, est délicate et contraignante.

    Ce régime de droit commun protège certaines parties d’un patrimoine, mais globalement, en cas de problème, l’un des deux époux sera toujours lésé, c’est-à-dire largement perdant financièrement.

    Raison #4 : Le contrat de mariage

    Étant donné les inconvénients du régime de droit commun appliqué aux mariages, certains pensent que la solution est d’avoir recours à un contrat de mariage. Là encore, attention, car bien souvent seul l’un des deux époux est avantagé, ce qui peut encore une fois être une source de conflit. Il existe plusieurs types de contrats de mariage :

    • Le régime de la communauté universelle : Ici, c’est simple, vous partagez absolument tout avec votre conjoint. Vous partagez ainsi les biens acquis avant le mariage, pendant le mariage, les héritages, les dettes, bref, vraiment tout ! Inutile donc, de préciser quels sont les dangers de ce type de régime, qui a pour seul avantage sa simplicité, mais à quel prix !
    • Le régime de la séparation de biens : C’est le parfait contraire du premier, et c’est aussi le plus choisi par les futurs conjoints lors de l’établissement d’un contrat de mariage. Avec ce régime, chacun conserve ses biens acquis avant le mariage, ainsi que les héritages et donations. Pour les biens acquis pendant le mariage, ils restent en votre nom s’ils ont été achetés par vous seul. Seuls les biens officiellement achetés en commun sont partagés. Par exemple, si vous achetez une voiture à votre nom et que son financement n’est issu que de vos revenus, alors elle reste à vous intégralement quoi qu’il arrive. L’effet pervers de ce régime est que les revenus ne sont pas non plus partagés entre les époux, ce qui peut rendre l’un des deux conjoints sérieusement perdant financièrement.

    Conclusion :

    De nos jours, le mariage a quasiment perdu son côté sacré. On se marie beaucoup pour des raisons financières qui finalement ne sont pas aussi avantageuses que prévu, et les divorces se multiplient sans cesse. Si vous souhaitez vous marier pour des raisons personnelles, sentimentales, ou parce que le côté sacré du mariage est important pour vous, alors allez-y, concrétisez votre projet car il s’agit ici de motivations personnelles et émotionnelles. En revanche, si vous souhaitez vous marier pour d’hypothétiques raisons financières, ne le faites pas, pour toutes les raisons que je vous ai données dans cet article. Avec les réglementations fiscales et juridiques qui changent sans cesse, se marier est devenu financièrement inintéressant, au mieux, et désavantageux, au pire.

      Voir aussi: Finances perso