Investir comporte des risques, qu’il s’agisse ou non d’investissements boursiers. Cependant, les risques qu’implique un investissement en lui-même ne sont pas toujours la cause principale des pertes d’argent de certains investisseurs. Les investisseurs qui perdent de l’argent sont ceux qui prennent de mauvaises décisions, et dans la majorité des cas, ces décisions sont dues à leurs propres biais psychologiques. Qu’il s’agisse d’euphorie ou de panique, vos émotions peuvent vous faire courir à la catastrophe. Les investisseurs expérimentés, qui génèrent des gains réguliers et à long terme, bref, qui réussissent, savent bien que leur pire ennemi, c’est eux ! Vous pouvez avoir une stratégie parfaite, elle deviendra inutile si vous ne savez pas maîtriser certaines de vos émotions, car ces dernières vous pousseront justement à ne pas respecter votre propre stratégie. Voici les 9 biais psychologiques qui peuvent vous faire perdre de l’argent.

    Biais #1 : L’autodénigrement

    L’autodénigrement est l’un des biais les plus couramment présents chez les investisseurs, particulièrement lorsqu’ils sont débutants. Il consiste à anticiper un résultat futur qui pourrait être potentiellement décevant, en le justifiant à l’avance, que la raison invoquée soit vraie ou fausse. Par exemple, si vous devez faire un discours en public, vous allez peut-être dire juste avant que vous ne vous sentez pas très bien. Ainsi, si le discours se passe mal, vous aurez déjà fourni une explication, qu’elle soit au final vraie ou fausse. Lorsque vous ferez un investissement, vous allez peut-être dire avant que cette fois-ci vous n’avez pas consacré autant de temps que d’habitude à analyser l’actif visé. Cela revient tout simplement à se « chercher des excuses », avant même de savoir si l’action menée sera fructueuse ou non. Pour remédier à cela, apprenez tout simplement à vous faire confiance. Mieux encore, apprenez à faire confiance à votre stratégie et à votre analyse. Par ailleurs, si votre investissement s’avère infructueux, ce ne sera pas nécessairement de votre faute, ou à cause d’une analyse insuffisante ou d’une mauvaise stratégie. Le marché reste parfois totalement imprévisible, alors apprenez à attendre de voir ce qu’il va se passer.

    Biais #2 : L’excès de confiance

    L’excès de confiance est le parfait contraire de l’autodénigrement. Il survient le plus souvent dans les moments d’euphories, après un gain important notamment. L’excès de confiance va vous inciter à prendre des décisions uniquement basées sur l’émotion, et ce de façon beaucoup plus rapide, sans même que vous ne vous en rendiez compte, du moins sur le moment. Il entraîne une impulsivité qui peut rapidement s’avérer catastrophique, surtout pour les investissements en bourse. En tant qu’investisseur averti, et même si vous débutez, vous avez nécessairement élaboré une stratégie stricte et détaillée pour choisir judicieusement vos investissements, quand et quoi acheter, quand et quoi vendre etc. Le seul moyen de vaincre un éventuel excès de confiance est de vous discipliner à respecter scrupuleusement votre stratégie, à la lettre, quels que soient les aléas plus ou moins soudains du marché.

    Biais #3 : L’aversion au risque

    Si certaines émotions peuvent conduire à une prise de risque soudaine et démesurée, être trop prudent peut également vous faire perdre de l’argent. Chacun possède une aversion au risque plus ou moins élevée, qui est aussi liée à notre personnalité. Cependant, l’investisseur ayant une aversion au risque trop élevée aura tendance à être uniquement focalisé par les investissements de son portefeuille qui sont dans le rouge. Il commettra alors une erreur de débutant : vendre ses positions dans le vert, pour encaisser ses profits, et laisser ses positions dans le rouge ouvertes, en espérant qu’elles remontent. Il aura également tendance à ne pas prendre assez de recul sur ses échecs, à souvent penser qu’un mauvais résultat est forcément dû à une mauvaise décision, ce qui est faut. Il est primordial d’analyser les résultats de ses investissements de façon impartiale et pragmatique, que ces derniers soient bons ou mauvais.

    Biais #4 : L’ancrage

    Anticiper les mouvements futurs d’un marché, d’un investissement, d’une action etc. revient tout bonnement à vouloir estimer l’inconnu. Pour y parvenir le mieux possible, un biais psychologique intervient alors très souvent chez les investisseurs : il s’agit de l’ancrage. L’ancrage consiste à se référer à ce que l’on connaît pour évaluer une situation ou prévoir un changement futur. Analyser une entreprise ou un marché consiste, certes, à utiliser pour ce faire les données et performances passées, mais pas seulement. Par ailleurs, il y a également une règle d’or à respecter en matière d’investissement qui dit que les performances passées ne sont en aucun cas une garantie des performances futures. Cette règle vise précisément le biais d’ancrage contre lequel les investisseurs doivent lutter, afin de ne pas biaiser leur analyse.

    Biais #5 : La mémoire sélective

    La mémoire sélective est au départ une protection naturelle mise en place par notre cerveau pour oublier ou mettre de côté des événements ou émotions négatives. Si la mémoire sélective est globalement bénéfique, elle peut devenir néfaste lorsqu’elle se manifeste dans le cadre d’un investissement. Un investisseur non averti, autrement dit non conscient de ses biais psychologiques, aura tendance à oublier les mauvaises décisions prises par le passé, celles qui lui ont fait perdre de l’argent, mais aussi les opportunités qu’il a manqué. C’est une erreur, car comme le dit le proverbe, c’est en se trompant qu’on apprend. De ce fait, les « mauvaises » décisions doivent être utilisées par l’investisseur pour ajuster sa stratégie, et ne pas commettre les mêmes erreurs de façon répétitive.

    Biais #6 : La segmentation

    Particulièrement lorsqu’il s’agit d’argent, nous avons tous tendance à segmenter les choses. Il y a l’argent destiné à financer le quotidien, celui pour les vacances, pour la retraite etc. La segmentation en elle-même est une bonne chose, car elle nous permet de nous organiser et de bien gérer notre argent au quotidien. Cependant, un investisseur aura également tendance à trop segmenter ses investissements, en oubliant parfois la vue d’ensemble de sa stratégie. Cela pourra le conduire à prendre des décisions individuelles, indépendantes de sa stratégie et de ses objectifs à long terme. Lorsque vous segmentez vos finances, mettez l’argent investi dans une seule et même case, peu importe d’où provient l’argent. C’est l’argent de votre portefeuille d’investissement, dans lequel, ensuite, se trouvent plusieurs actifs.

    Biais #7 : La confirmation de nos croyances

    Ce biais est assez proche de celui de l’ancrage. Il consiste à uniquement tenir compte des informations qui viennent confirmer ce que vous croyez déjà, ou ce que vous voudriez croire. Lorsqu’un investisseur souhaite investir dans un secteur d’activité particulier, par exemple, il aura tendance à ne tenir compte que des informations positives sur ce secteur, et à survoler, voire ignorer, les informations qui pourraient ou devraient le dissuader.  Toute la difficulté pour lutter contre ce biais est de rester objectif, le plus possible. Il faut analyser une situation en prenant en compte toutes les informations dont on dispose, qu’elles soient « bonnes » ou « mauvaises ». C’est l’analyse globale de ces données qui vous indiqueront si l’investissement est réellement intéressant ou non.

    Biais #8 : L’effet de formulation

    Ce biais psychologique est assez proche de celui de la segmentation. Il peut lui aussi empêcher l’investisseur d’avoir une vue d’ensemble sur les actifs qui l’intéressent. Par exemple, en voulant à tout prix saisir les meilleures opportunités au meilleur prix, individuellement pour chaque actif de son portefeuille, l’investisseur oubliera parfois d’analyser le rendement global de ce dernier. Là encore, prendre de petites décisions individuelles peut avoir un impact conséquent sur l’ensemble d’un portefeuille d’investissement. Ainsi, gardez toujours votre stratégie globale à l’esprit, et vos objectifs de rendement pour tout votre portefeuille, avant de décider si l’investissement suivant que vous souhaitez faire ira ou non dans le sens de cet objectif global.

    Biais 9 : Le mouton

    Les investisseurs disposent de sources d’informations illimitées et en temps réel, provenant des médias, d’internet etc., pour tous les actifs disponibles sur le marché. Ces médias font également des analyses régulières en tout genre, donnent leurs avis sur les tendances des marchés etc. Ces derniers se défendront systématiquement de donner le moindre conseil d’investissement, car il ne s’agit là que d’analyses données à titre indicatif. Cependant, aucun investisseur ne peut se vanter de ne s’être jamais laissé influencer par ces informations diverses et variées, en investissant dans des actifs « à la mode ». Les informations, analyses et autres données fournies par les médias doivent effectivement et littéralement être considérées comme des données indicatives. Ne suivez pas ces modes comme un « mouton », car elles sont bien souvent des feux de paille. Sachez conserver votre esprit critique et votre capacité à faire vos propres analyses, et ce en toute circonstance.

    Conclusion :

    Pour être un bon investisseur, il faut être à l’écoute des marchés, mais aussi et avant tout à l’écoute de soi-même. En ayant une bonne stratégie d’investissement, et en parvenant à identifier et contrôler vos biais psychologiques les plus tenaces, plus rien ne pourra arrêter votre réussite et la croissance de votre portefeuille.

      Voir aussi: Bourse