Lorsqu’on est à découvert, on peut rapidement se retrouver dans une sorte de spirale infernale, de laquelle il n’est pas toujours facile de sortir. Que vous soyez ou non dans votre autorisation de découvert, si vous en avez une, être tous les mois dans le rouge n’est jamais très bon. Beaucoup de Français utilisent leur autorisation de découvert tous les mois, et la moitié d’entre eux au moins une fois par an. Une fois par an, ce n’est pas bien grave. Après tout, une autorisation de découvert est faite pour palier à des événements exceptionnels. Et justement, ces événements doivent rester exceptionnels. À partir du moment où cela devient récurrent, il est grand temps de faire quelque chose pour y remédier. L’autorisation de découvert est un prêt que vous accorde la banque en cas de problème. Elle a un coût, et ce n’est pas parce que vous ne la dépassez pas que vous n’aurez pas de frais. Si, en plus, vous la dépassez ou que vous n’en avez pas, les frais liés à votre découvert, autrement dit les agios, peuvent vite s’envoler.

    L’autorisation de découvert proposée par les banques est en réalité un piège tendu dans le but de prêter aux clients de l’argent à des taux très élevés, puis, à un moment ou un à autre, lors d’un incident, de réussir leur facturer des frais bancaires exorbitants. Un découvert coûte très cher dès qu’il s’installe dans la durée ou dépasse les limites fixées. En d’autres termes, plus vos fins de mois sont difficiles, plus vous faites gagner d’argent à votre banque ! Il est temps que cela cesse, pour le principe, pour votre santé financière, et pour votre bien-être personnel. Voici quelques conseils sur la manière de procéder pour vous sortir de cette spirale infernale.

    Prendre conscience de votre pouvoir d’achat, et de la dictature bancaire !

    Le paradoxe du découvert bancaire, c’est qu’il vous permet de dépenser plus que ce que vous gagnez. Ainsi, dans un premier temps, il vous permet d’augmenter artificiellement votre pouvoir d’achat. Une situation éphémère dont on ne se rend pas toujours compte à temps puisque, ensuite, tant que le découvert n’est pas comblé, les agios générés viennent chaque mois diminuer ce pouvoir d’achat. De plus, comme vous avez dépensé plus que vous n’avez gagné, vos prochains revenus vont certes combler le découvert, mais il vous restera moins d’argent à disposition.

    En matière de découvert, les banques n’hésitent pas à avoir la main lourde. Si vous lisez les brochures tarifaires de votre banque, vous allez vous rendre compte que l’autorisation de découvert n’est pas une aide du tout ! Certaines appliquent des taux d’intérêts sur ces autorisations qui flirtent avec les 20%, autant dire une véritable poule aux œufs d’or ! À cela, bien souvent, la banque ajoutera des frais minimums forfaitaires d’agios, c’est pour cela que même sans dépasser votre autorisation de découvert, des frais peuvent vous être facturés quand vous vous retrouvez en négatif.

    Et c’est sans compter sur tout le reste ! 20€ facturés pour un prélèvement rejeté, 50€ pour un chèque émis sans provision dont le montant est supérieur à 50€, 10€ voire plus pour chaque lettre d’information envoyée etc., tous ces frais viennent s’accumuler et s’ajouter à un découvert déjà bien trop entamé. La boucle infernale est lancée, et ce n’est pas tout ! Aucune loi n’oblige une banque à accepter que votre compte soit débiteur. C’est la raison pour laquelle, en cas de dépassements répétés, votre banquier peut du jour au lendemain décider de supprimer votre autorisation de découvert, rendant alors la pente impossible à remonter.

    Première chose à faire : limiter les dégâts

    La première chose à faire est d’entreprendre des actions pour ne pas aggraver votre situation, et limiter au maximum les frais générés par le découvert. Si vous avez des économies et que vos difficultés sont simplement dues àune mauvaise répartition de l’argent sur vos différents comptes, la solution est simple : attendez la fin du mois et virez la somme qu’il vous manque à partir de l’un de vos comptes d’épargne. N’attendez pas trop longtemps non plus, car plus vous attendez, plus le découvert vous coûte cher.

    D’une manière générale, vu le coût exorbitant d’un découvert autorisé, et le coût encore plus élevé d’un découvert non autorisé, la règle à suivre est de ne jamais utiliser son découvert si l’argent est disponible ailleurs. Suivez l’état de vos comptes le plus souvent possible, quotidiennement s’il le faut (grâce à internet, par exemple). Si vous n’avez pas d’économies, essayez de faire baisser le taux du découvert en contactant votre conseiller financier, qui a bien souvent une marge de manœuvre pour négocier ce genre de choses. Si en plus, vous êtes un client de longue date, la négociation sera facilitée.

    En tout dernier recours, car cela reste une solution coûteuse qui peut dans certains cas finir par vous endetter encore plus, tournez-vous vers un organisme de crédit ou vers votre banquier pour souscrire un crédit non renouvelable (c’est très important ! Le crédit doit être non renouvelable, les crédits renouvelables ayant des taux d’intérêts gigantesques et pouvant vous faire tomber dans une spirale encore plus inextricable) correspondant au montant de votre découvert en fin de mois. Essayez d’obtenir un taux d’intérêt de maximum 8 %, et ne fixez pas des mensualités trop élevées. Si vous choisissez cette solution, il sera crucial de bien anticiper les dépenses à venir, car si votre budget est déséquilibré, vous serez à découvert avec en plus un crédit à rembourser. C’est pour cela que le crédit reste une solution en dernier recours, car elle représente un certain risque.

    Deuxième chose à faire : résorber votre découvert

    Pour cela, il n’y a malheureusement pas de solution miracle. L’erreur la plus fréquente est de vouloir supprimer son découvert en une seule fois, en espérant une soudaine rentrée d’argent, ou espérer que le prochain salaire suffira à résorber ce découvert. C’est de cette façon que beaucoup laissent le cercle infernal des découverts systématiques s’installer dans la durée. La méthode infaillible, vous la connaissez déjà : un seul maître mot, faire des économies ! Pour sortir de votre découvert une bonne fois pour toute, il va vous falloir établir un budget précis, et réduire voire annuler toutes les dépenses qui peuvent l’être. Pour cela, commencez par regrouper vos derniers relevés de compte, les souches de vos chéquiers, vos tickets de caisse etc. pour connaître chacune de vos dépenses, de la baguette de pain au loyer, en passant par les achats plaisir etc. Classez ensuite vos dépenses par catégories (logement, transport, santé, alimentation, loisirs…), séparez vos frais fixes (Internet, EDF…) et ceux qui sont variables, sélectionnez les dépenses sur lesquelles vous pourriez faire des économies et, enfin, quelle somme supplémentaire vous pouvez dégager chaque mois pour combler votre découvert.

    Ainsi, une fois votre compte de retour dans le vert, gardez votre nouveau rythme de croisière et mettez de côté la somme qui avant servait à combler votre découvert. Lorsque vous ferez votre budget, veillez donc à ce qu’il ne soit pas non plus trop drastique. Grâce à cette épargne, vous pourrez vous constituer en quelques mois une épargne dite de précaution, qui pourra ensuite vous éviter de retomber dans le rouge, et de faire face à d’éventuelles dépenses imprévues.

    Conclusion :

    Il ne faut jamais laisser un découvert régulier s’installer. Cependant, c’est parfois plus facile à dire qu’à faire, et on peut rapidement se laisser emporter sans même s’en rendre compte. Si tel est votre cas, il ne faut pas pour autant désespérer. En suivant les quelques conseils de cet article, et en faisant quelques restrictions pendant quelques temps, vous verrez que sortir du découvert est moins compliqué qu’il n’y paraît. Il ne vous restera alors plus qu’à prendre des précautions préventives, dont je vous ai également parlé, pour que ce genre d’incident ne se reproduise plus.

      Voir aussi: Finances perso