Si vous possédez déjà un portefeuille boursier, ou si vous êtes en train ou sur le point de vous en constituer un, alors vous avez forcément déjà entendu parler de la notion de diversification de portefeuille. Les courtiers, les conseillers financiers, les gestionnaires de patrimoine, les blogs, les articles dans les médias etc. tous s’en donnent à cœur joie pour vous expliquer pourquoi et comment il faut diversifier son portefeuille d’investissement dans le but de l’optimiser. En réalité, l’objectif principal d’une diversification de portefeuille est avant tout de le sécuriser. Il est vrai qu’en principe, il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier.  Investir tout votre capital dans une seule et même action sera extrêmement risqué, puisqu’en cas de chute de cette dernière, vous risquez de tout perdre d’un seul coup. C’est exemple est évidemment volontairement exagéré. Qu’est-ce qu’une diversification de portefeuille ? Existe-t-il des règles universelles à appliquer ? Diversifier son portefeuille, est-ce toujours une bonne idée ? Quels critères prendre en compte pour une bonne diversification ?

    Quels sont les conseils donnés pour bien diversifier son portefeuille ?

    Pour bien diversifier votre portefeuille, on vous conseillera le plus souvent de le diversifier tout simplement au maximum. La diversification se fait dans le choix des actifs sur lesquels vous allez investir votre argent. Le but est de répartir votre capital judicieusement entre ces différents actifs. Il ne s’agit pas ici de le répartir de façon équitable, par exemple 10% par actif sur 10 actifs différents, car cela serait presque aussi risqué que d’investir tout son argent dans un seul actif. Le choix des actifs en lui-même est également très important. Il faut en effet veiller à varier différents critères tels que la zone géographique, le secteur d’activité de l’entreprise etc.

    Avec une bonne diversification de portefeuille, c’est-à-dire qui contient beaucoup d’actifs très différents les uns des autres, et ne dépendant pas des mêmes marchés, en cas d’effondrement de l’un deux, vous ne risquez pas de perdre tout votre capital d’un coup. Par ailleurs, d’autres actifs qui eux seront restés profitables pourront compenser vos pertes. Ainsi, en théorie, la diversification d’un portefeuille boursier semble être la solution idéale pour allier sécurité et rentabilité. Sur le papier, c’est tentant et ça fonctionne. Cependant, est-ce vraiment une bonne idée ? Et surtout, est-ce applicable dans tous les cas de figure ?

    Sécuriser, c’est bien, construire, c’est mieux !

    Entre diversifier et concentrer son portefeuille d’actifs, le choix peut vite devenir cornélien. D’un côté, on veut optimiser le rendement, et d’un autre côté, on veut tout de même pouvoir sécuriser son portefeuille le plus possible. Le célèbre investisseur, mondialement connu pour sa réussite, Warren Buffett a dit à ce sujet : « La diversification peut préserver la richesse, mais la concentration construit la richesse ».

    La prise de risque et le rendement sont étroitement liés, bien que d’autres variables entrent également en jeu dans la réalité. Les investisseurs utilisent d’ailleurs fréquemment le ratio risque/rendement pour évaluer la situation de leur portefeuille, ou analyser si une opportunité potentielle est bonne ou non. Ainsi, plus vous prenez de risques pour vos investissements, plus le rendement potentiel sera, en principe, élevé. Par sa citation, Warren Buffett nous rappelle qu’il ne faut pas vouloir trop sécuriser son portefeuille au détriment du rendement. L’idéal est donc de parvenir à trouver un juste milieu. Pour ce faire, il faut raisonner dans le sens inverse de celui habituellement adopté par les investisseurs, qu’ils soient débutants ou expérimentés.

    La plupart des investisseurs pensent d’abord à la manière dont ils vont pouvoir sécuriser leur portefeuille avant de contrôler, ensuite, si le rendement potentiel est suffisant pour l’atteinte de leurs objectifs. Il faut en réalité faire l’inverse, à savoir commencer par sélectionner des actifs ayant un rendement qui permette d’atteindre les objectifs fixés de profits, et ensuite ajuster cette sélection pour optimiser la diversification du portefeuille.

    Votre aversion au risque

    Lorsqu’arrivera le moment de réfléchir à la manière dont vous allez diversifier votre portefeuille, le premier critère dont vous devrez tenir compte est celui de votre aversion au risque. Ce facteur psychologique et émotionnel peut avoir un impact considérable sur les performances de votre portefeuille si vous n’en tenez pas compte. Par exemple, un portefeuille trop sécurisé alors que votre aversion au risque est faible, entraînera une frustration liée à un rendement diminué, qui pourra, à terme, vous faire faire de très mauvais choix pour vos investissements suivants. À l’inverse, un portefeuille au risque assez élevé alors que votre aversion au risque est élevée elle aussi, pourra vous faire paniquer au moindre petit signe de baisse.

    L’idéal est ainsi de trouver le juste équilibre entre le rendement que vous souhaitez obtenir, votre aversion au risque et la sécurisation plus ou moins importante de votre portefeuille. Ce n’est évidemment pas une tâche aisée. Il vous faudra prendre tout le temps nécessaire pour réfléchir à cette étape et à sa mise en place, car elle sera cruciale pour la suite, pour le bon déroulement de vos investissements et la croissance, idéalement régulière et continue, de votre portefeuille.

    Vos objectifs et le facteur temps

    Lorsque vous définissez les objectifs financiers que vous souhaitez atteindre, il faut les établir avec le plus de précision possible. Pour cela, outre des objectifs chiffrés (je souhaite gagner X€ par an ou X% de rendement par an), il faudra aussi vous fixer des objectifs de temps. Si vous souhaitez gagner X€ par an, n’oubliez pas de déterminer au bout de combien d’années d’investissement et de performances vous souhaitez atteindre cet objectif. Ce type d’objectif ne se fixe pas totalement au hasard, car il doit être tout de même atteignable. Mieux vaut se fixer un objectif raisonnable que l’on peut ensuite revoir à la hausse quand tout se passe bien, que l’inverse.

    Pour vous aider à vous fixer de bons objectifs pour pouvoir ensuite créer et diversifier votre portefeuille comme il se doit, regardez les performances passées des actifs qui vous intéressent, des fonds communs de placement etc. Gardez à l’esprit que les performances passées ne sont jamais une garantie des performances futures. Il s’agit là uniquement de consulter les chiffres passés pour vous donner un ordre d’idée, afin que vos objectifs restent raisonnables, ce qui est encore plus crucial si vous débutez.

    En principe, les objectifs à atteindre avec un portefeuille d’investissement s’envisagent sur le long terme uniquement. Avoir un portefeuille d’actions, par exemple, n’a aucun intérêt si on souhaite des gains à court terme. Cependant, certains objectifs pourront être fixés à moyen terme (quelques mois par exemple), ou alors vous pouvez vous fixer des objectifs paliers qui vous aideront à ensuite viser l’objectif final.

    Votre profil d’investisseur

    Votre profil d’investisseur a lui aussi une importance cruciale pour déterminer à quel degré vous allez diversifier ou non votre portefeuille d’investissement. Par exemple, si vous êtes un jeune actif, et que vous avez un capital relativement faible au départ, il sera préférable dans un premier temps d’avoir un portefeuille beaucoup plus concentré. Ce dernier sera alors plus risqué, mais ce sera moins gênant car la somme en jeu sera moins importante. Par la suite, une fois votre capital devenu plus conséquent, vous pourrez ajuster votre prise de risque en diversifiant un peu plus vos actifs. À l’inverse, une personne proche de la retraite souhaitera la plupart du temps faire fructifier un capital déjà conséquent qu’elle aura amassé tout au long de sa vie et de sa carrière professionnelle. Son premier objectif sera au contraire de sécuriser son argent au maximum, même si cela implique un rendement plus faible.

    Outre le pourcentage de rendement, il est important de regarder le montant exact en euros que vous souhaitez obtenir. Reprenons nos deux exemples, admettons que notre jeune actif et notre jeune retraité souhaitent tous les deux percevoir des dividendes, profits, intérêts etc. pour un montant total de 1000€ par an. Notre jeune actif aura besoin d’un taux de rendement beaucoup plus élevé que notre jeune retraité pour pouvoir percevoir cette somme, puisque son capital de départ sera beaucoup plus faible. Notre jeune retraité pourra, quant à lui, se permettre de sécuriser son capital au maximum, car même un taux de rendement faible pourra lui apporter ses 1000€ par an, du moment que son capital investi est suffisamment important.

    Conclusion :

    La diversification d’un portefeuille n’est pas forcément systématique. Du moins, elle ne doit pas être systématiquement maximisée. Le degré de diversification de votre portefeuille d’investissement dépend, comme nous avons pu le voir, de plusieurs facteurs très importants qu’il serait une erreur de négliger. Entre votre aversion au risque, vos objectifs en termes de profits mais aussi de temps, ou encore votre profil d’investisseur (âge, montant du capital etc.), la diversification de votre portefeuille vous est propre. Elle doit se faire au cas par cas, il n’y a donc pas de règle universelle miracle qui fonctionnerait pour tout le monde de la même façon. Diversifier son portefeuille ou, au contraire, choisir de le concentrer, est une démarche qui fait intégralement partie de votre stratégie d’investissement.

      Voir aussi: Bourse