De nombreux Français répugnent à changer de banque, moins par fidélité que du fait de la complexité des démarches. C’est bien dommage, car cette immobilité empêche de faire jouer la concurrence pour vous permettre d’installer vos fonds auprès d’un organisme dont les offres correspondraient davantage à vos besoins. Nous allons ici examiner les différentes étapes pour vous faciliter la mobilité bancaire : vous verrez que comme souvent, une tâche complexe dans son ensemble est en fait constituée d’une série de tâches relativement simples en elles-mêmes.

     

    Un point avant de continuer, vérifiez bien que vous êtes en mesure de procéder à un transfert de banque, certaines circonstances pouvant en effet rendre les choses plus compliquées qu’elles ne le sont déjà. Si par exemple vous souscrivez à un prêt immobilier : si le crédit va de pair avec la domiciliation des revenus, la banque peut refuser la clôture du compte. Une clause jugée abusive par de nombreux organismes et commissions mais que le législateur n’a pour le moment pas pris la peine de corriger. Quant à la possession d’un livret dans l’établissent, ou d’autres comptes, ils ne peuvent pas légalement servir de levier à la banque pour vous empêcher de faire jouer la concurrence.

     

    Étape #1 : Des aides à la mobilité bancaire

     

    Certaines banques en ligne vous proposent des documents pré-remplis qu’il vous suffit de compléter. Évidemment, elles ne le font pas par charité mais pour vous permettre de quitter votre banque actuelle pour vous installer chez elles ! Néanmoins, si vous êtes intéressé par leurs services, c’est quelque chose à garder à l’esprit. D’une manière générale, l’internet a rendu ce qui était autrefois un chemin de croix bien plus facile, sans pour autant en faire une simple formalité.

     

    Notons aussi que le législateur a fait quelques efforts pour faciliter la mobilité bancaire par trop grippée en France. Depuis 2005, la clôture d’un compte ne peut engendrer aucun frais, à l’exception de certains comptes comme les PEA où la facture peut s’élever à plusieurs centaines d’euros, ce qui peut être dissuasif. Gardez ceci à l’esprit : si vous cherchez à bénéficier de ces produits, mieux vaut faire le tour des offres de différentes banques pour prendre en considération l’opportunité d’un changement de banque.

     

    Autre point, depuis 2016, les banques ont l’obligation de “fournir à leurs clients, gratuitement et sans conditions, une information sur la mobilité bancaire» : n’hésitez pas à en profiter ! Les différents réseaux ont aussi depuis quelques temps l’obligation légale de mettre en place un service d’aide à la mobilité bancaire, nous verrons plus en détail dans la suite de cette article quand et comment vous pourrez en bénéficier.

     

    Étape #2 : Comparer les tarifs

     

    Quelle que soit la raison qui vous pousse à désirer changer de banque, il faut évidemment voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Suivant vos finances et votre activité, ce changement peut vous permettre de faire des économies à l’année de l’ordre de quelques centaines d’euros, ce qui est loin d’être négligeable !

     

    D’une manière générale, les banques en ligne proposent des montants de frais bancaires nettement plus attractifs que ceux des banques classiques. Il faut néanmoins prendre en compte que vous ne pourrez pas rencontrer physiquement un conseiller, de type d’établissement ne convient donc pas nécessairement à tout le monde.

     

    Ne nous voilons pas, cette étape capitale pour changer de banque peut ressembler à une corvée, heureusement l’internet est là pour vous faciliter la tâche : vous trouverez de nombreux outils en ligne qui vous permettront d’un rapide coup d’œil de comparer les différentes banques, leurs services et leurs tarifs.

     

    Étape #3 : Ouvrir un nouveau compte

     

    Cette étape est somme toute relativement simple : ouvrir un compte est rapide et gratuit. Les pièces justificatives qui vous seront demandées varient d’une banque à l’autre, mais d’une manière générale toutes vous demanderont une pièce d’identité valide comportant une photo d’identité et votre signature (la carte d’identité fait très bien l’affaire, de même qu’un passeport) et un justificatif de domicile (qu’il s’agisse d’une facture d’eau ou d’électricité). La banque se chargera de vérifier si vous n’êtes pas empêché pour une raison ou pour une autre d’ouvrir un compte : si vous êtes mineur, un majeur protégé par une tutelle ou une curatelle ou sous le coup d’une interdiction bancaire. L’ouverture du compte se termine par la signature d’une convention de compte, un genre de contrat qui met noir sur blanc les obligations des deux parties vis-à-vis l’une de l’autre.

     

    Du moment que le compte est ouvert vous pouvez commencer à y avoir une activité, les dépôts et les retraits d’argent, ainsi que demander un RIB (relevé d’identité bancaire), pièce qui va pouvoir se révéler importante pour la prochaine étape.

     

    Étape #4 : Transférer les paiements automatiques

     

    Nous voilà à une étape qui bien souvent freine l’idée même de transférer n compte : la possibilité offerte de payer ses factures par prélèvement direct simplifie grandement la vie, jusqu’au moment où il faut transférer ces paiements automatiques de votre ancien compte au nouveau. La tâche est fastidieuse, mais pas insurmontable, d’autant moins que la loi exige désormais des banques qu’elles vous fournissent des outils qui vous faciliteront la vie.

     

    Le premier transfert à faire est évidemment celui de votre salaire, qu’il faudra demander auprès de votre comptabilité ou du service des ressources humaines. Il ne s’agirait pas de faire tomber les factures dans un compte à sec ! Quant aux factures elles-mêmes, il est possible de contacter chaque organisme individuellement et de leur faire la demande de transfert, en joignant un exemplaire du RIB de votre nouveau compte. Mais attention à être exhaustif : il ne s’agirait pas d’oublier un organisme !

     

    Cependant, le législateur impose désormais aux banques de vous fournir un nouvel outil qui vous facilitera grandement les démarches de transition : le service d’aide à la mobilité bancaire, qui doit être présent dans tous les établissements (pas nécessairement sous ce nom, mais le service est bien là). Pour en bénéficier, il faut demander à votre future ancienne banque de vous fournir un récapitulatif des opérations automatisées sur votre compte durant les treize derniers mois. La banque a l’obligation légale de vous fournir le document sous les 5 jours qui suivent votre demande -mieux vaut d’ailleurs la faire par lettre recommandée, afin de s’assurer des délais et de la réception. Ce document permettra à votre nouvelle banque, via son service d’aide à la mobilité bancaire, de contacter tous les organismes concernés pour leur faire part du transfert, vous facilitant ainsi immensément ce passage autrefois délicat de la transition.

     

    Étape #5 : Clôturer l’ancien compte

     

    Il est important de ne pas clôture l’ancien compte trop vite, et d’y laisser les provisions nécessaires pour absorber d’éventuels accidents. Il peut s’agir de chèques qui arrivent en retard, de salaires, de factures… d’une manière générale, attendez l’échéance d’une opération automatisée pour voir si elle s’est bien opérée sur votre nouveau compte. Si le service d’aide à la mobilité bancaire a fait la demande de transfert aux organismes concernés, rien n’indique hélas que la demande ait été prise en compte à temps ! Il va donc falloir prendre votre mal en patience et laisser votre ancien compte en activité surveille pendant quelques temps, normalement quelques semaines, mais ce délai peut s’étendre sur une poignée de mois dans de rares -mais pénibles- cas.

     

    Une fois que vous êtes assuré que toute l’activité fiscale et financière qui vous concerne se déroule bien sur votre compte, il vous faudra envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception à votre ancienne banque pour leur demander la clôture du compte et le transfert d’éventuels fonds restant sur votre nouveau compte dont vous devrez donner les coordonnées. Attention, vous ne pouvez pas demander la clôture d’un compte à découvert, il vous faudra dans un premier temps le faire repasser dans le vert. La banque aura alors à respecter un délai légal de dix jours pour se plier à votre demande. Depuis 2005, une des premières démarches des législateurs pour faciliter la mobilité bancaire, cette clôture ne peut plus entraîner aucun frais. Bien sûr les éventuels services associés à ce compte cesseront d’être valables, et il vous faudra remettre à la banque  la carte et le chéquier qui y était associés. Et vous y serez, vous aurez accompli ce dont trop peu de Français prennent la peine de bénéficier, vous aurez changé de banque. Félicitations !

     

    Conclusion :

     

    L’absence d’immobilité bancaire en France grève les consommateurs dans leur vie quotidienne, d’une manière souvent imperceptible. La concurrence en effet n’existe que si on la fait jouer ! Jusqu’à une période récente, les banques plus ou moins assurées de garder leurs clients à vie pouvaient se permettre des tarifs prohibitifs. Mais l’existence non seulement des banques en lignes mais en plus de divers outils imposés par la loi vous permet de prendre vos finances en main, il serait dommage de ne pas en profiter si vous penser trouver des tarifs qui vous convient mieux ailleurs !

     

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