Mettons tout de suite fin au suspense : la réponse est oui ! De nos jours, dans une société où les employeurs semblent de plus en plus méfiants et exigent de plus en plus de diplômes, cela ne semble pourtant pas si évident. Même certains emplois autrefois « non qualifiés » exigent aujourd’hui de détenir un bac +2. Alors comment réussir sa vie sans diplôme dans ce contexte ? Il ne faut pas se fier aux apparences. En réalité, le marché du travail progresse, et de nouvelles opportunités ont vu le jour, et voient encore le jour régulièrement. Ces opportunités permettent à des personnes sans diplômes de réussir leur vie professionnelle, et d’embrasser des carrières tout aussi ambitieuses, voire plus, que celles de titulaires de doctorats ou issus de grandes écoles. Voici pourquoi et comment on peut réussir sa vie sans diplôme, encore plus aujourd’hui qu’hier.

    Un système français de plus en plus aberrant

    Les Français ont globalement de plus en plus l’impression qu’on leur met des bâtons dans les roues tout au long de leur carrière, et ce, à juste titre. On nous dit pendant toute notre enfance qu’il est crucial de bien travailler à l’école et de faire des études qui soient les plus longues possibles afin d’avoir ensuite un emploi épanouissant et bien rémunéré. C’est encore vrai, mais plus totalement. En effet, désormais, plus vous avez de diplômes, plus vous aurez de mal à trouver un emploi, car vous coûterez trop cher à votre employeur. D’un autre côté, avec peu ou pas de diplômes, vous n’aurez aucune chance de pouvoir évoluer au sein de votre entreprise, et resterez cantonné au poste et aux tâches qu’on vous aura confié depuis le début. Autrefois, à l’inverse, on pouvait intégrer une entreprise sans diplômes, y rester jusqu’à la retraite, et passer d’un poste d’ouvrier à un poste de responsable, uniquement par l’acquisition d’expérience et d’ancienneté.

    Comment réussir dans un système qui semble de moins en moins adapté aux lois du marché du travail, qui est lui en constante évolution ? Il semble qu’on veuille de plus en plus nous cantonner à un seul emploi bien précis. Par ailleurs, aujourd’hui, les gens changent régulièrement d’entreprise au cours de leur carrière, et on nous demande d’être de plus en plus mobiles (et quid de nos vies de famille?). Il est temps de revoir la copie, et d’envisager d’autres solutions que celles qui sont pratiquées depuis l’après-guerre, alors qu’elles sont clairement obsolètes depuis plusieurs décennies.

    S’adapter à un marché qui évolue

    Le modèle de nos parents est révolu, et il est clair qu’il va falloir savoir s’adapter à la réelle demande du marché du travail et des entreprises qui la composent. Pour cela, des dispositifs mis en place par le gouvernement existent déjà. On peut notamment plus facilement se former tout au long de sa vie, avec des aides à la formation, des congés individuels etc. Aujourd’hui, une personne qui n’a pas décroché de diplôme par les voies classiques de l’université, peut néanmoins apprendre un métier en s’orientant vers des diplômes préparés en alternance, ou par des formations pour adultes, reconnues par l’État. Les formations en alternance sont à ce jour les plus adaptées au monde du travail d’aujourd’hui, car elles permettent d’acquérir de l’expérience en même temps que de l’apprentissage. Or, les entreprises apprécient particulièrement les gens qui possèdent une première expérience, et elles les privilégieront dans leurs choix d’embauche au détriment de ceux qui sortent de l’école et n’ont encore jamais travaillé. Les élèves formés en alternance apprennent un métier tout en se familiarisant avec le monde de l’entreprise, son rythme de travail, ses spécificités etc. Mais la formation a également ses limites, et fort heureusement, ce n’est pas le seul moyen de réussir sa carrière. On peut aussi réussir sans diplôme ET sans formation.

    Prendre exemple sur l’étranger

    Dans certains pays étrangers, et notamment aux États-Unis et au Canada, les mentalités concernant l’emploi et l’embauche de nouveaux salariés sont radicalement opposées à celles que l’on retrouve en Europe. Nos amis Outre Atlantique privilégient les compétences réelles des gens, au lieu de se fier à un « bout de papier ». Ils ont bien raison, car même en France, on peut trouver des génies sans diplômes, et des personnes ultra-diplômées qui seront toutefois totalement incompétences sur le terrain. Les américains n’ont absolument aucun problème avec le fait d’apprendre un métier en total autodidacte. Au contraire, ils préféreront embaucher un autodidacte passionné qui sera impliqué dans son travail, plutôt qu’une personne qui a fait de nombreuses années d’études juste pour être mieux payée.

    C’est un peu caricatural, mais lorsque vous postulez à une offre d’emploi aux USA, par exemple, voici comment cela pourrait se passer :

    • Bonjour, vous recherchez quelqu’un pour le poste X, afin d’effectuer les tâches Y et Z ?
    • Oui
    • Je sais le faire !
    • OK, je vous embauche, faites vos preuves et on verra…

    Pourquoi un tel modèle est-il possible Outre Atlantique et encore du domaine de l’utopie en France ? Parce que les entreprises sont, elles aussi, bloquées par de vieilles lois restrictives. Les salariés sont surprotégés, à tel point que cela devient contre-productif pour tout le monde. Par exemple, il est tellement compliqué de licencier un salarié parce que son travail ne convient pas, que les entreprises estiment qu’elles n’ont pas droit à l’erreur, et ce dès l’embauche. Elles sont donc de plus en plus méfiantes. Or, même à compétences égales, une collaboration peut très bien se passer avec une personne et très mal avec une autre, pour diverses raisons. Les périodes d’essais qui figurent dans nos contrats de travail sont bien trop courtes pour évaluer une collaboration professionnelle qui devrai durer des années. Outre Atlantique, il n’y a pas toutes ces contraintes. Alors certes, les salariés sont moins protégés, mais quelle importance, puisqu’ils ont beaucoup plus de chances de retrouver un travail rapidement en cas de licenciement ? Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

    Des exemples concrets permanents

    Si vous faites quelques recherches, vous trouverez en permanence des récits de personnes qui ont réussi une carrière fulgurante en partant de rien, autrement dit sans avoir décroché le moindre diplôme. Certains ont même quitté l’école de façon anticipée. Le système scolaire ne convient pas à tout le monde non plus, et ceux à qui ils ne conviennent pas ne sont pas des gens stupides et irrécupérables pour autant, bien au contraire ! Ainsi, parmi les success stories les plus connues, on retrouve le patron des chaînes de magasins Bricorama, le dirigeant et créateur mondialement connu des chaînes de magasins Zara, le célèbre investisseur Warren Buffet etc. Et la liste est longue, car chaque jour de nouveaux arrivés sans diplômes réalisent leurs rêves professionnels et personnels.

    Un fort développement de l’entreprenariat

    Le marché du travail en France va tellement mal, que beaucoup pensent que le meilleur moyen de trouver un emploi est de le créer soi-même. On observe ainsi une explosion de l’entreprenariat, particulièrement depuis la création du statut de micro-entrepreneur. Et si ces personnes avaient raison ? Les grandes entreprises, quant à elles, font de plus en plus appel à des freelances pour certaines tâches, ce qui leur coûte globalement moins cher et leur évite les désagréments à long terme engendrés par une embauche en CDI. Les micro-entrepreneurs ont le vent en poupe, et leurs activités explosent. Ils sont indépendants financièrement et à titre personnel. Ils peuvent développer leurs compétences, sont libres de gérer leur carrière et leur vie comme ils l’entendent, et sauf pour certaines professions particulières (mais la liste est courte), aucun diplôme n’est exigé par qui que ce soit. Les start-up permettent quant à elles à de jeunes entrepreneurs d’innover dans de nombreux domaines. Elles aussi cartonnent et font partie de l’avenir de l’emploi, en France et dans le monde.

    Conclusion :

    Comme vous avez pu le voir, le marché du travail est en constante évolution, que ce soit en France ou dans le reste du monde. Comme d’habitude, les médias ont tendance à ne parler que des aspects négatifs du marché de l’emploi, à coup de chiffres du chômage en baisse, de réformes restrictives, ou encore en pointant du doigts des situations négatives même lorsqu’elles restent marginales. La plupart des gens ont de ce fait une vision biaisée de l’emploi en France, mais aussi une vision finalement rétrograde. Aujourd’hui, il n’est plus du tout obligatoire, ni même nécessaire, d’être bardé de diplômes pour réussir. Au contraire, les personnes sans diplômes qui parviennent à avoir une belle carrière sont en passe de devenir plus nombreuses que les personnes diplômées qui, elles, souffrent du chômage et ont beaucoup de mal à trouver un emploi parce qu’elles « coûtent trop cher ». Certaines partent alors à l’étranger, tandis que d’autres vont jusqu’à retirer certains diplômes de leur CV pour être embauchées. Une situation bien triste, mais pas irréversible. La question qu’il faut désormais ce poser est la suivante : Le salariat tel qu’on le connaît aujourd’hui est-il toujours adapté au marché du travail ? Est-il voué à disparaître ?

      Voir aussi: Finances perso