Qui sont les icônes de la finance, comment ont-ils accédé à ce statut et quelles sont leur méthodes ? Voici un rapide tour d’horizon des figures proéminentes dans le monde de l’investissement.

    Portrait #1 : Benjamin Graham

    Il a excellé à la fois en tant qu’investisseur et en tant qu’éducateur sur la finance. Il est notamment l’auteur de deux ouvrages ( Security Analysis et The Intelligent Investor, traduit en Français sous le titre L’Investisseur Intelligent ) qui sont toujours considérés comme des références. Il est mort en 1976, mais reste d’actualité, des investisseurs aujourd’hui (comme Warren Buffet, dont nous parlerons plus bas) le considèrent toujours comme incontournable.

    La méthode qu’il propose tourne autour de quelques principes relativement simples : d’abord, savoir faire la différence entre investissement et spéculation : “Une opération d’investissement est une opération qui, après analyse rigoureuse, promet une sécurité du capital et des retours adéquats. Les opérations qui ne rencontrent pas ces critères relèvent de la spéculation.”

    L’approche de Benjamin Graham est de n’investir que lorsque l’on est assuré d’une marge de sécurité, c’est à dire quand la valeur d’une compagnie sur le marché est inférieure à sa valeur intrinsèque, de vendre si la compagnie est au contraire surévaluée, de vérifier la bonne santé d’une compagnie dans laquelle investir : peu de dette, des profits supérieurs à la moyenne et des revenus constants, sans trop prêter attention aux fluctuations souvent erratiques et parfois injustifiées du marché.

    Portrait #2 : Prince Alwaleed Bin Talal Alsaud

    Vous n’avez peut-être jamais entendu parler de cet investisseur Saoudien, mais avec une fortune estimée à 30 milliards de dollars, il a définitivement sa place dans cette liste. Il se définit lui même comme un investisseur sur le long terme, s’efforçant de voir plus loin que les fluctuations du marché même si cela signifie accepter des pertes momentanées.

    Il a fait son impressionnante fortune en tant que fondateur et directeur de la Kingdom Holding Company, qui investi notamment dans l’hôtellerie et l’immobilier. Inutile de dire que la crise de 2009 l’a gravement touché ! Mais là ou d’autres auraient succombé à la panique, il s’en est tenu à ses principes et a fait ce que font nombre des meilleurs acteurs du monde de la finance : maintenir son stock pour une longue période, mettre de côté les événements de la bourse, attendre et collecter ses dividendes.

    S’il est une leçon à tirer du Prince que d’aucuns considèrent comme la personne la plus influente du monde arabe, c’est que vendre et acheter à court terme est bien sûr une possibilité, mais le gros de votre portefeuille d’actions doit être une base solides d’investissements à long terme.

    Portrait #3 : Dennis Gartman

    Dennis Graham a commencé à publier The Graham Letter en 1987. C’est un commentaire quotidien du marché global lue religieusement à travers le monde dans de nombreuses firmes d’investissement.

    “Soyez patients avec les transactions gagnantes ; soyez très patients avec les transactions perdantes. Souvenez-vous qu’il est tout à fait possible de faire beaucoup d’argent avec des transactions ou de l’investissement même si vous n’avez raison que dans 30% des cas, du moment que vos pertes sont limitées et vos profits conséquents.”

    Cette règle qu’il donne vise à corriger une erreur que commettent de nombreux investisseurs, nouveaux arrivés dans le monde de la finance. D’abord, gardez la main sur les transactions profitables, ne vendez pas dès le premier signe de profit. Si une transaction est perdante, ce ‘est pas nécessairement une calamité. Les investisseurs qui gagnent de l’argent sur le marché peuvent se permettre de perdre un peu d’argent sur une transaction.

    Comme l’indique Mr Gartman, l’important n’est pas d’avoir raison la plupart du temps, l’important est de garder la main sur une transaction profitable pour faire en sorte que d’éventuelles transactions plus malheureuses n’aient pas d’incidence sur le moyen ou long terme.

    Portrait #4 : Carl Icahn

    “On apprend dans ce métier… si vous voulez un ami, adoptez un chien.”

    La méthode de Carl Icahn est brutale et d’une très grande simplicité : acheter massivement des parts d’une société qu’il estime mal gérée et sous évaluée, afin d’avoir assez de poids dans les décisions pour redresser la balance. Et s’il n’arrive pas à redresser l’entreprise, il la démonte et revend les meilleures pièces. On comprend mieux cette citation : ce n’est pas vraiment la bonne méthode pour se faire des amis dans le monde de la finance… Mais c’en est une pour se faire de l’argent ! Aimé ou pas, la réputation de Carl Icahn est telle que la simple rumeur de son implication est suffisante pour intéresser d’autres investisseurs dans l’achat de parts, augmentant ainsi le prix des actions. Ce phénomène a même reçu un nom : “Icahn lift” !

    D’une manière moins dramatique et moins spectaculaire, gardez à l’esprit que le monde de l’investissement n’est pas l’endroit où témoigner de l’affection, ou un concours de popularité. Ne mettez pas les conseils d’un proche, mêmes bien intentionnés, au-dessus de vos propres analyses exhaustives et de votre propre instinct, ne vous soumettez pas à la mode des marchés ou aux opinions communes, vous pourriez bien vous en mordre les doigts !

    Portrait #5 : Ray Dalio

    Ray Dalio, un des meilleurs investisseurs de Wall Street, est actuellement le gérant de fonds spéculatifs qui remporte le plus de succès : mieux que Warren Buffet, c’est dire ! On estime sa fortune personnelle à 15 milliards de dollars et il serait le 88ième homme le plus riche du monde. Son entreprise, Bridgewater Associates, est le plus grand fond spéculatif au monde et pèse environ 160 milliards de dollars.

    Étonnant pour quelqu’un qu’on a surnommé le plus vilain des petits canards de Wall Street. Il faut dire que son style de gestion est pour le moins unique. Son entreprise est gérée comme une méritocratie des plus stricte, où les employés sont encouragés à démonter les idées des uns et des autres en face des uns et des autres, à la recherche de la “vérité”. Parlez dans le dos d’un de vos collègue plus de trois fois à Bridgewater, et c’est direction la porte ! Pour Mr Dalio, l’honnêteté est la meilleure des politique, et il met ce principe en action.

    La stratégie de Ray Dalio consiste à faire plusieurs paris sans relations les un aux autres dans des marchés partout dans le monde. Un pari sans relation signifie que si l’un d’entre eux s’avère ne pas être payant sur un marché donné, il n’est pas affecté et ne risque pas d’affecter un autre des paris dans un autre marché. C’est une manière de dire que leur clef est la diversification de leur portefeuille d’action, portée au rang d’art. Ray Dalio divise le marché en deux : croissance et inflation. Chaque segment est divisé en deux à son tour, suivant que la variable en question est en hausse ou en baisse. Il s’agit ensuite de faire en sorte d’avoir des paris et un portefeuille équitablement réparti entre ces quatre catégories. Cette stratégie a aidé Dalio à devenir un des meilleurs investisseurs au monde !

    Portrait #6 : Warren Buffet

    Dernier de cette liste, mais certainement pas le moindre, puisque Warren Buffet est considéré comme l’investisseur qui a remporté le plus de succès au monde. Élève et disciple de benjamin Graham par qui nous avons commencé cette liste, il est non seulement un des hommes les plus riche du monde mais aussi un des plus influents sur les marchés financiers, au point qu’on le surnomme “L’oracle d’Omaha : quand ils parle, les marchés bougent !

    Un de ses principes dans lequel vous reconnaîtrez la “patte” de Bill Graham , ” Il vaut bien mieux acheter une entreprise fabuleuse à un bon prix qu’une bonne entreprise à un prix fabuleux.” Un investisseur au style discipliné et patient… Et au succès retentissant.

    Les deux règles de base qu’il donne à tout investisseur en herbe sont 1) Ne pas perdre d’argent et 2) Ne pas oublier la règle 1. Plus sérieusement : quand vous évaluez une entre prise, analysez la qualité et le prix. La qualité d’une entreprise est le plus important requiert pour être évaluée que vous compreniez ses finances, que vous ayez confiance en sa gestion, etc. Si vous avez confiance en cette entreprise, alors c’est le moment de se pencher sur le prix. D’après Mr Buffet, si c’est une entreprise de très bonne qualité, il est vain d’espérer en acquérir des parts à des prix cassés ridiculement bas. A l’inverse, il faut se retenir d’acheter des parts d’une compagnie en laquelle vous auriez une confiance limitée simplement parce qu’elles ne sont pas chères : des investissements au rabais donnent souvent des résultats au rabais !

    Conclusion :

    Comme vous pouvez le voir, toutes ces figures du monde de l’investissement suit quelques règles de base (miser sur le long terme plutôt que la spéculation immédiate), mais chacune avec son style particulier, issu de leurs expériences et analyses propres desquelles vous pouvez vous inspirer pour rentrer dans ce monde !

      Voir aussi: Bourse