Globalement, le système éducatif français est de plus en plus critiqué, et ce de toute part. Nos personnalités politiques rivalisent d’imagination à chaque approche d’élection pour nous proposer des réformes de toutes sortes, dont l’efficacité potentielle reste toujours discutable. D’un autre côté, la France n’est pas le seul pays au monde à avoir un système éducatif qui semble être sur le déclin depuis plusieurs années, et qui est de plus en plus montré du doigt. L’éducation de nos enfants a plusieurs objectifs : les cultiver, développer leur esprit critique et logique, mais aussi leur permettre de « trouver leur voie » afin de mener plus tard une belle carrière professionnelle. Et si l’attrait pour un métier est important, le but est avant tout de pouvoir gagner beaucoup d’argent afin d’avoir une vie personnelle confortable.

    Les idées reçues ont la dent dure !

    Depuis plusieurs générations déjà, on fait face à deux points de vue totalement opposés :

    • Ceux qui pensent que seul le système scolaire peut permettre d’avoir plus tard une carrière réussie.
    • Ceux qui pensent, au contraire, que l’école est en réalité un frein à la réussite, ou au mieux le chemin le plus long pour atteindre ses objectifs.

    Alors, de ces deux points de vue, qui a raison ? La question peut mener à des débats sans fin, mais il y a tout de mêmes quelques éléments de réponse difficilement discutables et qui mènent à la conclusion suivante : Réussir dans la vie ne s’apprend pas à l’école !

    Un système archaïque

    Des réformes dans l’éducation nationale, il y en a tout le temps. Chaque année, des réformes sont proposées et, chaque année, les membres de l’éducation nationale, élèves inclus, font grève pour protester contre ces réformes. Pour quelle raison ? Parce que dans l’extrême majorité des cas, ces réformes sont, au mieux, inutiles, et au pire, rétrogrades. Par ailleurs, elles ne touchent que très rarement au système éducatif pur, préférant s’attaquer au budget, aux effectifs, bref, à des détails qui ne changeront pas grand-chose à la manière dont les choses sont enseignées aux élèves, mais leur mettront parfois des bâtons supplémentaires dans les roues. Il ne s’agit pas ici d’entrer dans des considérations politiques. Le fait est que tout le monde est bien trop attaché à un système scolaire qui est en place depuis des décennies, qui est encore et toujours le même, et qui n’est plus du tout adapté au monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Les métiers ont changé, les modes de vie ont changé, mais le système scolaire, lui reste le même. Il arrive un moment, et nous y sommes, où cela ne peut plus fonctionner.

    Un enseignement obsolète

    Les programmes d’enseignement, eux aussi, n’évoluent pas comme ils le devraient. Bien sûr, on parle surtout ici des études supérieures, car de l’école primaire au collège, les enseignements de base que l’on y trouve sont indispensables. Prenons l’exemple des études d’économie et de finance. On y enseigne encore et toujours les mêmes matières, stratégies d’investissement, les mêmes théories économiques etc. depuis des décennies. Si ces stratégies, théories et autres matières ont fait leurs preuves en leurs temps, elles ne sont, pour la plupart, plus du tout adaptées aux marchés financiers qui évoluent sans cesse, ni aux investissements d’aujourd’hui qui sont très différents, tant au niveau du contexte que de leur fonctionnement même. Au mieux, ces enseignements ont une valeur historique et sont utiles pour la culture générale, mais ne sont plus du tout adaptés à la pratique. Ainsi, les étudiants passent des années à étudier et approfondir toutes ces matières pourtant obsolètes, et perdent un temps précieux qu’ils ne consacrent pas à étudier le terrain et se construire une expérience. Au final, ils se retrouvent avec des diplômes, une validation officielle de l’État qui reconnaît leurs connaissances, mais sont-ils prêts à affronter les marchés financiers, et plus globalement, le monde ? Certainement pas ! Dans ces cas-là, ceux qui se démarquent et réussissent sont ceux qui, dès le départ, sont autodidactes et ont cette curiosité d’aller explorer d’autres possibilités d’apprentissage et d’expérience.

    Un frein au progrès

    Un système scolaire archaïque couplé à des enseignements obsolètes, purement théoriques, faits par des enseignants déconnectés du terrain et du monde réel, ne peut être qu’un frein au progrès et à la réussite des étudiants. Nos enfants passent des années dans ce système et y perdent, dans la majorité des cas, beaucoup de temps. Pour pouvoir progresser, et ce dans n’importe quel domaine, il faut pouvoir sortir de sa zone de confort et des carcans dans lesquels nous nous enfermons nous même à cause de cette unique croyance qui a la dent dure : On ne peut réussir qu’en allant à l’école. Les personnes qui, par exemple, font de la recherche scientifique, continuent sans cesse d’apprendre et de découvrir de nouvelles choses alors qu’elles ont depuis bien longtemps terminé leurs études. Être autodidacte, que l’on ait tout de même suivi des études classiques ou non, est une condition sine qua non à la réussite et au progrès. Et être autodidacte n’est pas un don que l’on possède ou pas. Tout le monde peut l’être, à condition d’être passionné, d’avoir une soif d’apprendre, et de ne jamais considérer que l’on a tout appris.

    Des exemples concrets

    Les médias parlent énormément d’exemples concrets de personnes qui ont réussi leur vie sans n’avoir fait aucune étude. À une époque difficile où nos jeunes bardés de diplômes se retrouvent au chômage, où un bac +5 a plus de difficultés à trouver un emploi qu’un titulaire de CAP, où même qu’une personne sans diplôme, les gens sont de plus en plus friands de ces histoires que l’on appelle des success stories. Les profils de ces personnes qui réussissent sans diplôme et en partant de rien sont assez similaires. Il s’agit systématiquement d’autodidactes, c’est-à-dire de personnes capables d’apprendre toutes sortes de choses par elles-mêmes, sans passer par le système scolaire. Beaucoup de ces personnes sont, d’ailleurs, des déçues de l’école, des gens qui ont pour certains démarré des études supérieures mais les ont rapidement stoppé. Pour quelle raison ? Tout simplement parce que ces études supérieures se sont avérées être un frein à leur réussite. Parmi les exemples concrets de success story, on peut citer des noms connus tels que François Pinault, Serge Papin, Jean-Michel Aphatie, ou encore Fabrice Lucchini, qui ont tous réussi leur vie et leur carrière dans leurs domaines respectifs.

    L’exemple de la Finlande

    Récemment, la Finlande a décidé de réellement révolutionner son système scolaire, et cette révolution pourrait, si d’autres pays la suivent également, réconcilier ceux qui ne jurent que par l’école pour réussir et ceux qui la contestent. La Finlande a décidé tout simplement de supprimer toutes les matières enseignées jusqu’à présent dans ses écoles, qui étaient les mêmes que dans les nôtres. Ainsi, les finlandais n’auront plus de mathématiques, d’histoire, de géographie etc. L’enseignement se fera en quelque sorte « à l’envers ». Des cas concrets, tels que des événements historiques par exemple, seront ainsi étudiés par les élèves sous différents angles, et c’est de cette façon qu’ils assimileront par eux-mêmes les différentes matières autrefois enseignées. Par exemple, si les élèves étudient la première guerre mondiale, ils le feront avec une approche historique, puis géographique, puis mathématique, puis culturelle, puis politique etc. Bien sûr, étant donné que cette réforme est tout juste en train d’être mise en place, il faut avoir du recul pour en mesurer l’efficacité. Cependant, elle semble être un excellent compromis très prometteur, qui permettra aux élèves de travailler en collaboration, de développer beaucoup plus leur capacité de réflexion, d’extrapolation, leur imagination etc. tout en apprenant par des cas concrets les enseignements les plus basiques.

    Conclusion :

    Il ne s’agit pas ici de contester complètement l’utilité de l’école et de vouloir totalement la supprimer, bien au contraire. Le système scolaire conserve de nombreux avantages indispensables au développement de nos enfants. Il leur apprend les bases, la lecture, l’écriture, les mathématiques etc., bases qui leur seront utiles tout au long de leur vie. L’école leur permet aussi d’avoir un épanouissement social, d’apprendre comment fonctionnent les relations humaines etc.  Cependant, il serait réducteur et peut-être trop facile de penser que le système scolaire est la seule voie possible vers la réussite, sans tenir compte des limites de ce système, qui sont pourtant bien réelles.

    Ce n’est pas pour rien que l’on entend de plus en plus parler de ces success stories de personnes qui, parties de rien, ont eu une réussite professionnelle et personnelle époustouflante. Ces personnes ne partagent pas leur histoire et leur vécu uniquement pour vous vendre du rêve. Elles les partagent aussi pour démontrer concrètement que ce n’est pas l’école qui apprend aux gens à réussir. Il serait donc temps de remettre l’école à sa place, et de l’apprécier à sa juste valeur. L’école vous donne des bases, des clés pour avancer, mais au final, c’est vous et vous seul qui serez maître de votre réussite, grâce à l’acquisition d’expérience, la soif d’apprendre constamment de nouvelles choses par vous-même, votre capacité à ne pas vous limiter à la théorie etc.

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