Toute notre vie, nous avons travaillé pour gagner de l’argent qui nous a permis d’acquérir des biens et de nous forger, petit à petit, notre patrimoine. Que l’on soit riche ou pauvre, on possède tous un patrimoine, et ce depuis notre naissance et parfois même avant. Le patrimoine est une composante de notre identité juridique. Ce patrimoine est composé des biens, mobiliers, financiers ou encore immobiliers que vous avez accumulés, mais aussi des dettes qu’il vous a peut-être fallu souscrire pour acquérir ces biens. Ce patrimoine, bénéficiaire ou déficitaire, sera liquidé au moment même de votre décès et partagé entre les différents héritiers qui auront droit de citer à votre succession. Et malheureusement à ce moment-là vous ne pourrez plus faire valoir votre volonté, c’est pourquoi il est essentiel de bien gérer votre succession et de le faire au plus tôt. Le cadre juridique étant particulièrement lourd et compliqué à comprendre je vous conseille de vous y prendre au plus tôt et donc dès maintenant !

Pour vous aider dans cette réflexion, je vous propose de faire le point ensemble des 8 étapes incontournables pour bien gérer votre succession.

1 – Faire l’inventaire de votre patrimoine

La première chose à faire et même si vous continuez à faire fluctuer à la hausse comme à la baisse votre patrimoine, c’est de faire le point sur l’ensemble des biens et des dettes que contient votre patrimoine. Faire le point sur ce que vous possédez et sur ce que vous devez à d’autres est impératif et vous permettra de mieux prendre en compte l’ensemble de ce que vous aurez à transmettre à ceux qui vous tiennent à cœur. Faites le point sur tout ce qui a de la valeur dans les objets que vous avez amassés en réfléchissant principalement à ceux qui peuvent maintenir leur valeur ou mieux encore la faire augmenter avec le temps. Pensez donc aux biens mobiliers de valeur que peuvent être certains meubles, vos œuvres d’art, vos antiquités, ou encore tout objet de collection. Vous pouvez aussi compter les voitures et plus généralement tous les biens qui ont une valeur de plusieurs centaines d’euros. Faites aussi le point de vos dettes pour vérifier si votre patrimoine tend plutôt vers le bénéfice ou le déficit.

2 – Déterminer vos héritiers

Une fois que vous aurez fait le point sur la valeur, le contenu et la composition de votre patrimoine, vous aurez enfin l’occasion de penser à ceux que vous voulez voir hériter de vos biens. Avant toute chose, sachez qu’il existe des héritiers naturels qui détiennent leurs droits au regard de la loi, et ce sans que vous ayez votre avis à donner. Ces héritiers naturels sont les personnes avec qui vous partagez des liens familiaux : principalement vos enfants et votre compagne ou votre compagnon. Dans le cas où vous n’auriez aucune descendance et que vous ne vous soyez ni marié ni engagé dans Pacte Civil de Solidarité, vos héritiers naturels seront à rechercher plus loin dans vos ascendants, vos oncles, tantes, neveux et nièces. Ces héritiers naturels ont des droits irrévocables à votre succession, vous ne pourrez donc pas les déshériter. En parallèle, c’est l’occasion de réfléchir à ceux qui comptent pour vous, mais qui n’ont pas la chance de figurer parmi vos héritiers naturels et de commencer à réfléchir aux moyens de leur permettre d’y être.

3 – Rédiger votre testament

Nous venons de le voir, il existe les héritiers naturels sur lesquels vous ne décidez pas s’ils ont des droits ou non. Pour donner des droits sur votre succession à des personnes qui n’en ont aucun au regard de la loi vous pourrez vous lancer dans la rédaction de votre testament. La rédaction d’un testament est sans aucun doute le B-A BA de la succession, néanmoins trop de gens repoussent à plus tard sa rédaction, parce qu’ils pensent qu’ils ont du temps pour se soucier de cette question ou encore qu’ils essaient de repousser à tout prix cette réflexion morose où il vous faudra forcément envisager votre décès, pourtant cet outil s’avère très utile pour vous assurer que votre volonté sera respectée. Dans votre testament vous pourrez choisir d’ajouter de nouveaux héritiers testamentaires, mais aussi déterminer plus précisément la manière dont vous voulez que vos biens soient partagés. Pour ce faire vous pourrez simplement rédiger votre testament sur papier libre, en parler à vos proches et le conserver dans un endroit où il sera facilement trouvé ou vous rendre chez votre notaire pour qu’il enregistre vos dernières volontés.

4 – Officialiser les liens partagés avec ceux que vous aimez

Les différences de droits sur une succession entre les héritiers naturels et les héritiers testamentaires sont nombreuses et particulièrement importantes. Un héritier testamentaire est révocable, et surtout ses droits sur la succession n’existent qu’après que les héritiers naturels aient été servis. Autant dire que si vous tenez à des personnes et que vous les inscrivez dans votre testament vous êtes loin d’être sûr qu’ils obtiendront ce que vous aviez prévu. Pour cette raison et pour celle des droits de succession que j’aborderais plus tard dans cet article, il peut être particulièrement important d’officialiser les liens que vous partagez avec ceux que vous aimez. Pour ce faire la loi a prévu un certain nombre de mécanismes juridiques qui pourront vous permettre d’atteindre votre objectif. Il y’a tout d’abord ceux qui vous permettront d’officialiser une relation amoureuse grâce au mariage ou au PACS. Il reste aussi l’adoption qui vous permettra d’officialiser des liens autres qu’amoureux avec quelqu’un en qui vous tenez.

5 – Anticiper votre succession

Comme pour le testament il n’est pas toujours simple psychologiquement de réfléchir et d’invoquer la raison pour aborder tout ce qui relève de votre décès, anticiper votre succession n’est pas chose facile, mais dans tous les cas c’est essentiel pour qu’elle se fasse dans les meilleures conditions. Si l’anticipation de votre succession commence déjà par le fait de réaliser l’inventaire de votre patrimoine et de réfléchir aux personnes que vous voudrez voir hériter de vos biens, elle peut prendre différentes formes et même permettre la transmission de certain de vos biens de votre vivant. La donation vous permettra de céder vos biens, de votre vivant, à des proches et ainsi vous assurez de la manière la plus efficace que vos biens iront effectivement aux personnes que vous avez choisies. Sachez qu’il existe un grand nombre de formes de donation et que chacune d’entre elles répondra à d’autres problématiques et s’adaptera aux circonstances particulières que vous vivez !

6 – Anticiper vos obsèques

Pensez à la succession c’est forcément penser au décès de la personne dont on va hériter de ses biens et par conséquent de ses obsèques, ainsi si vous voulez préparer au mieux votre succession il vous faudra aussi vous réfléchir aux questions en lien avec vos obsèques. Au moment du décès d’un proche, les personnes restantes se retrouvent forcément confrontées à la question de savoir dans quelles conditions le défunt aurait souhaité que son corps et sa sépulture soient traités, et ces questions sont parfois particulièrement problématiques à régler surtout quand le défunt n’a pas exprimé sa volonté à ce sujet de quelconque manière que ce soit. Les obsèques représentent aussi des frais qui reviendront aux règlements de vos proches et la question de leur règlement peut parfois être l’origine de conflit. Pour répondre à l’ensemble de ces questions vous pourrez intégrer vos volontés quant à vos obsèques dans votre testament, ou encore souscrire à une assurance obsèques qui pour un cout modique permettra de répondre à cette question et a réglé les frais engagés.

7 – Faire preuve de pédagogie auprès de vos héritiers

Les successions sont souvent l’origine de grands conflits familiaux pour savoir qui va hériter tel bien ou un autre ou encore pourquoi l’une ou l’autre personne a été élevé au rang d’héritier. Si pour beaucoup il s’agit d’une question d’argent et que les questions d’argent sont amènent souvent l’étincelle et l’aigreur nécessaire à créer et alimenter des conflits familiaux, il s’agit aussi d’un manque de compréhension de vos dernières volontés. Cette incompréhension est d’autant plus forte que vous serez absent pour défendre vos choix. Pour que votre famille ne se déchire pas à cause de votre héritage il vous faudra faire preuve d’une très grande pédagogie auprès de vos héritiers. Vous devrez leur expliquer au mieux pourquoi vous pensez que les personnes que vous avez ajoutées à votre testament méritent d’y figurer, de même vous devrez expliquer pourquoi vous avez choisi d’attribuer certains biens à certaines personnes. Une bonne pédagogie pourrait très bien préserver votre famille de querelle inutile.

8 – Réfléchir aux coûts de votre succession

Pour finir, une succession est souvent liée à un grand nombre de frais. Ces frais vous l’aurez compris commencent dès le moment où vous rédigerez votre testament ou que vous mettrez en œuvre une donation. Ces premiers frais ne sont pas particulièrement conséquents et il vous faudra vous acquitter de 139€ de frais pour la rédaction d’actes notariés et de quelques dizaines d’euros pour leur conservation. La succession engendrera de nombreux frais, mais aussi des taxes. La plus importante de ces taxes est les droits de succession qui pourront atteindre jusqu’à 60% du montant de la succession. Ces droits seront proportionnellement importants à l’importance de la valeur que représentera le patrimoine mis en succession et à la faiblesse des liens qui uniront le défunt et ses héritiers. Bien heureusement il existe des abattements à ces droits de succession qui peuvent atteindre jusqu’à 153 000€ quand l’héritier est un enfant ou un ascendant du défunt.

Conclusion :

La liquidation de votre patrimoine au moment de votre décès et sa transmission à vos héritiers est une œuvre bien complexe qui nécessitera que vous preniez un grand nombre de précautions pour qu’elle se passe dans les meilleures conditions. Si vous respectez les 8 étapes que je viens de vous présenter, votre succession sera particulièrement bien préparée et vous aurez peu de craintes à vous faire à ce sujet.

Voir aussi: Patrimoine